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Jannie Haek (Loterie nationale) au «Soir»: «La Belgique a un problème d’addiction aux jeux de hasard»

Le patron de la Loterie nationale, Jannie Haek, tire la sonnette d’alarme. Le Belge est de plus en plus accro aux jeux de hasard. En cause : les failles du régulateur. « On ne voit cela nulle part, sauf à Las Vegas ».

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Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 6 min

Parfois, mon français manque un peu de nuance », prévient Jannie Haek. Mais quelle que soit la langue, le patron de la Loterie nationale est connu pour son franc-parler. En fait, Jannie Haek est carrément déchaîné. Très remonté sur la façon dont fonctionne la régulation des jeux de hasard en Belgique. Ou plutôt dont elle ne fonctionne pas. Selon lui, la Commission des jeux de hasard (CJH, le régulateur) est trop occupée à servir les intérêts des opérateurs de jeux et de paris… en oubliant la protection du consommateur.

Qu’est-ce qui ne va pas, dans le fonctionnement de la CJH ?

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5 Commentaires

  • Posté par Emmanuel Mewissen, jeudi 12 septembre 2019, 11:22

    Nous sommes choqués par les informations fausses disséminées par le CEO de la Loterie Nationale dans cette interview. 3 points nous font en autres bondir : 1. Dire que la France est un exemple à suivre alors que les sites de jeux illégaux y pullulent. Faut-il encore rappeler qu’un site illégal n’offre aucune protection au joueur ? La décision du gouvernement français de privatiser la Française des Jeux, l’homologue français de la Loterie Nationale, est dans ce contexte loin d’être anodine… 2. Utiliser la liste des interdits de jeux pour prouver qu’il y a une explosion de la dépendance au jeu. Le système EPIS, le registre où sont inscrits les interdits de jeux, n’a pas été conçu pour mesurer le taux d’addiction mais pour protéger préventivement des personnes vulnérables.* 3. Prétendre que les opérateurs privés ne développent pas de réelle activité économique en Belgique. Selon une étude du bureau d’audit BDO datant de 2016 et en cours d’actualisation, le secteur privé génère quelque 12.400 emplois directs et indirects en Belgique, et contribue à plus de 210 millions d’euros aux finances de l’Etat. Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est le ton moralisateur et accusateur venant d’une entreprise, certes publique, qui • elle-même est représentée à la Commission des Jeux de Hasard par son Ministre de tutelle. La Loterie ne se prive pas d’abuser de cette position en influençant à son avantage la politique des jeux de hasard. • n’est soumise à aucun contrôle indépendant de ses activités ou à des règles qui servent à protéger les consommateurs chez les opérateurs privés. Nous pensons notamment à l’interdiction d’accès au moins de 21 ans pour certains jeux ou au contrôle EPIS. • est l'un des plus gros annonceurs publicitaires en matière de jeux de hasard et mène une stratégie d’expansion très agressive. La Loterie Nationale est présente partout : dans les libraires (jeux de loterie, mais également paris sportifs), supermarchés, cafés, stations-services, distributeurs automatiques, Lottery Shops,… La politique d’expansion commerciale de la Loterie Nationale semble totalement négliger son impact sur les consommateurs vulnérables, en particulier les mineurs. L’Union professionnelle BAGO, qui regroupe les 5 principaux opérateurs de jeux de hasard en Belgique, tente depuis plusieurs années de contribuer à une réflexion en matière de politique de jeu forte et réaliste, axée sur la protection du joueur par sa canalisation vers un environnement légal, fiable et contrôlé. Nous demandons ainsi depuis longtemps que l’identité de nos joueurs soit contrôlée via le Registre National. Nous appelons à des études scientifiques indépendantes et objectives pour mieux comprendre et chiffrer la dépendance au jeu. Nous proposons d’initiative aux joueurs des outils pour mieux contrôler leur comportement de jeu. Dès lors, nous soutenons aussi Monsieur Haek quand il plaide pour un régulateur fort. Outre qu'il devra s’attaquer au problème bien réel des opérateurs illégaux, un tel régulateur devra cependant aussi appliquer les mêmes règles à tous les opérateurs légaux, qu’ils soient privés ou publics. Penser qu’on peut aujourd’hui – dans un monde virtuel sans réelles frontières - s’attaquer aux défis sociétaux liés aux jeux de hasard en laissant le monopole à la Loterie Nationale, revient à vouloir résoudre l’alcoolisme en nationalisant les brasseries. Nous, opérateurs privés réunis au sein de BAGO, restons ouverts pour débattre sereinement de notre secteur d’activités et comment améliorer encore plus la protection des consommateurs. Les propos polémiques, provocateurs et faux de Monsieur Jannie Haek n’ont pas leur place dans un tel débat. Emmanuel Mewissen Président de l’Union professionnelle BAGO * La très grande majorité des personnes inscrites sur cette liste ne le sont d’ailleurs pas pour des problèmes de dépendance (voir https://www.gamingcommission.be/opencms/opencms/jhksweb_fr/protection/forbid/in_cijfers/). Seules les personnes inscrites sur demande (10%) ont un lien direct avec des problèmes de jeu.

  • Posté par Stoob Spyridon, dimanche 8 septembre 2019, 1:01

    @Leotard Marc la Loterie Nationale est aussi une arnaque mais "légale". Example les jeux de grattage: même si le lot principal d'une série de disons WIN FOR LIFE est gagné elle continue d'écouler les billets restants de ladite série sans prévenir les joueurs qu'ils n'auront pas le fameux lot. La réponse que j'ai eu c'est qu'ils remettent des nouveaux billets avec un nouveaux gagnant. Mais de cette manière les chances de gagner diminuent et ne correspondent plus a ce qui est écrit sur le dos des billets concernant l'echelle des gains. C'est vrai que les cercles de jeux et les casinos et surtout les paris online sont problématiques mais que voulez vous nous vivons dans des sociétés économiques "libérales' cad des jungles ou les puissants sont toujours gagnants avec l'aide des politiciens qui eux se permettent de vivre (et très bien) avec l'argent publique. Exemple Mr Michel qui gagnera 32.000 euros par mois et je ne sais pas combien pour son acolyte Reynders. En tout cas Mr Michel pourra s'acheter des brettelles haut de gamme

  • Posté par Petitjean Marie-rose, samedi 7 septembre 2019, 7:57

    Il est évident que cet impôt déguisé, soutiré principalement aux "petites gens" rêvant du pactole, ne devrait profiter qu'à la Loterie nationale !

  • Posté par Petitjean Marie-rose, samedi 7 septembre 2019, 18:47

    Je parle des milliers de "petites gens" qui se "font avoir" par la Loterie nationale, qui joue ici au père la vertu.

  • Posté par Leotard Marc, samedi 7 septembre 2019, 13:15

    Madame, vous n’avez manifestement jamais vu la faune qui fréquente les casinos, et les liasses de billets et les montants de leurs mises. Non, cela ne sont pas des « petites gens ». Le public et le produit sont complètement distincts entre la Loterie et les salles de jeu. — En revanche, le jeu on-line et les paris sportifs exigent n contrôle plus sévère.

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