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Proximus: une enquête pour un éventuel délit d'initié de Dominique Leroy

La CEO de Proximus a annoncé son départ vers KPN.

Temps de lecture: 3 min

Les syndicats de Proximus demandent vendredi soir la démission immédiate de l’administratrice déléguée Dominique Leroy, qui a annoncé son départ jeudi vers l’opérateur télécom néerlandais KPN. A leurs yeux, la rupture de confiance est totale et la patronne de l’entreprise semi-publique va aller renforcer un concurrent direct. En front commun, la CSC-Transcom, la CGSP-Télécom et le SLFP Proximus remettront lundi matin (à 9h00) une lettre ouverte en ce sens au président du conseil d’administration de l’entreprise, annoncent ces organisations vendredi.

Les syndicats inquiets

Les différents syndicats s’inquiètent du départ de Dominique Leroy vers KPN, perçu comme un concurrent direct ou potentiel. Tous rappellent que l’opérateur néerlandais a déjà eu des vues sur Proximus dans le passé et que l’opération ne s’était finalement pas faite.

« A partir du moment où Mme Leroy a choisi de partir chez un concurrent potentiel, il est très difficile d’encore placer notre confiance en elle », confie ainsi Stéphane Daussaint, de la CSC-Transcom. « La rupture de confiance est totale. Mais encore aurait-il fallu qu’elle existe ! », fustige Laurent Malengreau, de la CGSP. Il se plaint de l’absence de la responsable lors des différentes réunions de dialogue social au sein de l’entreprise.

« Nous avons peur de ce qui pourrait se passer dans le futur », abonde Jean-Claude Philippon, du SLFP. « La CEO connaît l’entreprise de A à Z et donc aussi sa stratégie pour le futur. »

« Avec sa position, elle dispose d’informations confidentielles. Nous craignons qu’elle emporte des données sensibles », appuie encore Laurent Malengreau. Il affirme avoir de « réelles craintes qu’elle prépare quelque chose », soulignant l’opération de vente par Dominique Leroy début août, d’actions de l’opérateur télécom pour un montant de plus de 285.000 euros. Le gendarme boursier, la FSMA, va examiner s’il n’est pas question d’un éventuel délit d’initié.

Aux yeux du syndicaliste socialiste, le délit d’initié est avéré. « Je suis convaincu qu’elle savait alors déjà qu’elle allait partir chez KPN », dit-il.

Confiance rompue

« La CEO ne peut pas continuer à peser sur l’entreprise. Pourquoi a-t-elle absolument besoin de faire passer son plan de restructuration avant de partir ? », s’interroge Jean-Claude Philippon. Le représentant du syndicat libéral craint qu’elle n’impose ses vues en la matière avant son départ.

La CSC-Transcmom n’a, en tous les cas, plus confiance en elle pour mener ces négociations à bien. « Elle est la cheville ouvrière de ce plan de transformation et elle s’en va. Nous émettons donc des doutes sur la possibilité de continuer les discussions avec elle… »

Lundi matin, à 9h00 (au siège de Proximus à Bruxelles), les syndicats tenteront de remettre une lettre ouverte au président du conseil d’administration de l’opérateur, Stefaan De Clerck, dans laquelle ils appellent au départ immédiat de la patronne de l’entreprise.

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10 Commentaires

  • Posté par Lambotte Serge, vendredi 6 septembre 2019, 23:02

    Ce n'est pas en un mois que l'on décide de changer de crèmerie.IL Y A DELIT D'INITIE. Et en plus elle va pouvoir partir avec des données confidentielles et s'occuper de racheter Proximus au meilleur prix comme l'espère depuis toujours KPN.

  • Posté par Scaillet Jean, vendredi 6 septembre 2019, 21:27

    Serait-il possible que Dominique Leroy savait déjà qu'elle allait partir pour KPN il y a un mois, quand elle a vendu ses actions Proximus ??? Et pensez-vous qu'elle craignait une chute du cours de l'action Proximus à l'annonce de son départ ??? Les réponses sont dans les questions !

  • Posté par Dechamps Pascal , vendredi 6 septembre 2019, 21:15

    Je pense que les syndicats ont raison. On a affaire à une démission intempestive d'un CEO alors que l'entreprise est dans un processus important qui pourrait être challengé par le successeur. Cela ne va pas. Le Gouvernement doit intervenir.

  • Posté par Theys Jos, vendredi 6 septembre 2019, 22:09

    Les syndicats ont toujours raison. En effet il y a rupture de confiance. Quand votre employeur vous paie 38% du salaire de votre prédécesseur, quand votre propriétaire veut introduire un troisième concurrent au pays, quand les syndicats vous empèchent de préparer l'avenir, quand votre contract se termine je ferai plutôt confiance à celui qui me paie le double. Dominique Leroy a toujours été loyale à sa société et a les mèmes droits que n'importe quel employé.

  • Posté par Leroy christian, vendredi 6 septembre 2019, 21:22

    Quel gouvernement? Le minoritaire ;o)

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