Gouvernement wallon: les associations de défense des droits humains mitigées sur le commerce des armes

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Photo d’illustration - AFP

La Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie (CNAPD) et la Ligue des droits humains (LDH) se disent mitigées mercredi sur les dispositions concernant le secteur de l’armement comprises dans l’accord de gouvernement wallon. Si elles saluent des avancées, «pour la première fois depuis longtemps», elles déplorent notamment que les licences d’exportation d’armes en cours ne soient pas suspendues.

«Le simple fait qu’il y ait des avancées est très positif», souligne Manuel Lambert, conseiller juridique auprès de la LDH. «C’est la première fois depuis longtemps.»

Il applaudit le respect du décret wallon de 2012, «ce qui signifie que la Wallonie n’exportera plus vers des pays qui violent le droit humanitaire». Lambert glisse qu’il est toutefois «incroyable» de devoir écrire dans une déclaration de politique régionale qu’un décret va être respecté.

Cependant, tant la CNAPD que la LDH déplorent que cela ne s’applique pas aux licences d’exportation d’armes déjà octroyées. Elles décrient depuis longtemps les licences accordées à l’Arabie saoudite, régime pointé du doigt pour sa violation des droits fondamentaux. Le pays est également soupçonné d’utiliser des armes belges dans le conflit au Yémen.

«Nous sommes étonnés car le Conseil d’Etat nous a donné raison en juin sur l’illégalité des licences», pointe Samuel Legros, porte-parole du CNAPD. La Haute juridiction avait annulé une série de licences d’exportation octroyées à la FN Herstal et à CMI, faute notamment d’un examen minutieux de la question des droits fondamentaux au royaume wahhabite.

L’association belge militant pour la paix et la démocratie en espérait plus alors que «les négociations gouvernementales semblaient coincer sur le point de l’armement. Nous espérions qu’au moins un partenaire tienne bon», déplore Legros. «Nous allons poursuivre nos actions en justice car l’accord de gouvernement ne nous donne pas l’impression que nous avons été entendus», prévient-il.

 
 
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