Le nouveau Woody Allen, un doux moment de cinéma: nos critiques des sorties

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Une journée de pluie à New York
».
« Une journée de pluie à New York ».

Un jour de pluie à New York (Woody Allen)

Une œuvre délicieusement nostalgique et très romantique. Ce film dégage quelque chose de familier pour ceux qui aiment le cinéma de Woody Allen. Un savant mélange d’humour et de déprime affleure sans cesse et les personnages sont tous attachants. A 83 ans, Woody Allen reste caustique et élégant. Il a toujours l’humour raffiné et sa géniale faculté d’interroger les illusions de l’homme sur lui-même, la vie, l’amour, l’art, l’amour de l’art et le monde qui l’entoure. Ce film offre un doux moment de cinéma, une très charmante parenthèse.

Ad Astra (James Gray)

A la fois vertigineux, prenant, beau, Ad Astra impressionne par l’univers qu’il propose. James Gray parvient aussi à aligner de belles scènes d’action et à ajouter une autodérision, un humour noir plutôt jouissif. Une seule réserve : le manque de réserve justement. Si les trois quarts de la proposition scotchent le spectateur à son fauteuil, émeuvent, le film finit par sembler être un peu dans l’excès, de sentiments ou de démonstration.

Tolkien (Dome Karukoski)

Biopic ? Pas tout à fait puisque Tolkien ne nous raconte que les jeunes années de l’écrivain décédé en 1973.

Trois jours et une vie (Nicolas Boukhrief)

Drame et polar. Noir assurément. Cette lente spirale sur fond de forêt d’Ardenne a des allures d’épée de Damoclès et exprime quelque chose d’inéluctable.

Good boys (Lee Eisenberg & Gene Stupnitsky)

Promotionné par une bande-annonce en forme de mise en abyme rigolote, ce film amuse un peu quand on fait dire à ces gamins de 6e primaire des crasses ou manipuler des sextoys, mais on est tout aussi vite lassé par ces poupons qui, dans le verbe et dans le geste, cabotinent un max à jouer les grands.

Ma folle semaine avec Tess (Steven Wouterlood)

Un parfum de fin d’enfance parcourt ce film plein de candeur, d’humour et d’émotion. Si on ne retrouve pas totalement le zeste de folie qui était au cœur du roman d’Anna Woltz, l’adaptation qu’en fait Steven Wouterlood nous garde à hauteur d’enfant, dans cette zone préadolescence où les incertitudes sur soi, les autres et le monde prennent sens.

Sans frapper (Alexe Poukine)

Fort d’un sujet brûlant, aussi grave qu’essentiel et tabou, Sans frapper emprunte un dispositif presque théâtral pour parler du viol. C’est à la fois la force et la faiblesse du film. Face aux témoignages poignants, le spectateur se retrouve décontenancé et ne saisit pas toujours l’impact réel de ce qu’il est en train de voir. Quoi qu’il en soit, le film d’Alexe Poukine se révèle salvateur pour parler de la banalité que revêt parfois le viol dans notre société.

Wardi (Mats Grorud)

C’est prenant, éloquent, bouleversant. Le pari de Mats Grorud de mélanger la naïveté de l’animation 2D et l’approche documentaire est une réussite. Plein de larmes et de rires, de drames et de drôlerie, son film raconte une grande douleur mais porte en lui un bel espoir. A découvrir dès 10 ans.

Blinky Bill (Deane Taylor & Noel Cleary)

 
 
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