Le stade Roi Baudouin maintenu: aucun gouvernement ne veut payer pour un nouveau stade national

La Ville de Bruxelles assume simplement ses obligations de propriétaire
: entretenir le bien pour permettre le maintien de son exploitation, guère plus de 1,5
million par an.
La Ville de Bruxelles assume simplement ses obligations de propriétaire : entretenir le bien pour permettre le maintien de son exploitation, guère plus de 1,5 million par an. - Dominique Duchesnes.

Quand, en mars, l’Union belge et Golazo mettent sur la table leur projet de Golden Generation Arena, la plupart des partis réagissent positivement… On parle alors d’une rénovation en profondeur du stade Roi Baudouin (dont coût : près de 200 millions), idée soutenue par les Diables rouges, Nafissatou Thiam…

On est alors à deux mois des élections. Et depuis ? Rien… Or, les porteurs du dossier ne jurent que par l’argent public. Logique : tous les niveaux de pouvoir ou presque pourraient jouer les bâilleurs de fonds.

Le stade Roi Baudouin sera maintenu sans être rénové

La Région bruxelloise, parce qu’elle est compétente pour le financement d’infrastructures communales (le stade est propriété de la Ville), l’image de Bruxelles, les grands projets d’infrastructures, etc. Les gouvernements Vervoort I et II avaient d’ailleurs initié et soutenu le projet de stade national. Justement : le nouvel exécutif n’entend pas répéter l’erreur. L’accord de majorité ne pipe mot d’un stade… Renseignements pris à bonne source auprès des négociateurs, il n’en est pas non plus question dans le cahier Atoma, garant des deals discrets. Il n’a même pas fait l’objet de discussions de couloirs.

L’Union belge se dit confiante

Quid des Communautés, en charge du Sport ? A la Fédération Wallonie-Bruxelles : pas une ligne dans la déclaration de politique fraîchement conclue. Quelques coups de fil confirment : « On n’a pas évoqué une seule seconde le stade Roi Baudouin ». Avec un budget tendu, des difficultés à financer le Pacte d’excellence ou honorer les demandes des universités, c’est mal parti. Quid de la Flandre ? Les négociations n’ont pas abouti mais on doute qu’elles achoppent pour l’heure sur le stade. La N-VA, adversaire déclarée du projet Ghelamco à Grimbergen, assure « avoir toujours été favorable à la rénovation du Roi Baudouin ».

Au point de débourser des dizaines de millions pour offrir à Bruxelles une infrastructure nationale ? Poser la question, c’est y répondre. « Le gouvernement flamand n’est pas encore formé », répond sobrement Mathias Vanden Borre, député nationaliste. En coulisses, un de ses coreligionnaires est plus tranché : « On ne va pas payer ça ! ».

Reste le fédéral, qui se cherche toujours un gouvernement et, ces dernières années, n’a guère investi dans ce type de projets.

Quant à la Ville, elle assume ses obligations de propriétaire : entretenir le bien pour permettre le maintien de son exploitation, guère plus de 1,5 million par an.

Pas de Golden Generation Arena, alors ? A l’Union belge, on reste confiant : « On a un large soutien politique ». Et sinon ? « On a toujours dit qu’on comptait sur les pouvoirs publics pour le financement », confirme le porte-parole.

 
 
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