Macron se confie: «D’une certaine façon, les gilets jaunes ont été très bons pour moi»

Macron se confie: «D’une certaine façon, les gilets jaunes ont été très bons pour moi»
AFP

Le président Emmanuel Macron a reconnu, dans un entretien à l’hebdomadaire américain Time, que, « d’une certaine façon » la crise des « gilets jaunes » a été « très bonne » pour lui parce qu’elle l’a obligé à changer d’attitude face aux Français.

Le mouvement, virulent et inédit, des « gilets jaunes », en fronde depuis des mois contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de Français depuis la mi-novembre 2018.

Parvenu à la moitié de son mandat de cinq ans, Emmanuel Macron juge être « dans la Vallée de la Mort », entre la mise en œuvre des réformes et l’apparition de leurs résultats. « La fin de la Vallée de la Mort est le jour où vous avez des résultats », a-t-il estimé.

« Dans notre pays, nous aimons être dirigés mais nous voulons tuer les dirigeants », a-t-il ajouté, en référence à l’exécution du roi Louis XVI par les révolutionnaires en 1793.

« Mon défi est d’écouter les gens bien mieux que je ne l’ai fait au début » de son mandat, a déclaré le chef de l’Etat au cours de ce long entretien filmé il y a dix jours au palais de l’Elysée.

« Je dois prendre le temps »

Interrogé sur la crise sociale qui a ébranlé sa présidence, il souligne : « d’une certaine façon, les gilets jaunes ont été très bons pour moi (…), parce que cela m’a rappelé comment je devais être ».

« J’ai probablement donné l’impression que je voulais réformer contre le peuple. Et parfois mon impatience a été ressentie comme une impatience vis-à-vis des Français. Ce n’est pas le cas », ajoute Emmanuel Macron, qui a placé « l’Acte II » de son quinquennat sous les mots d’ordre d’« écoute » et de « proximité ».

« Maintenant, je pense que je dois prendre plus de temps à expliquer où nous sommes et ce que nous voulons faire exactement », a-t-il estimé, alors que l’annonce d’un nouveau projet de réforme des retraites a suscité vendredi dernier une perturbation massive dans les transports à Paris et dans sa région.

L’édition européenne de Time consacre sa couverture à Emmanuel Macron pour la deuxième fois depuis sa prise de fonction, après une première « une » le présentant en novembre 2017 comme « le prochain leader de l’Europe »… « si seulement il peut diriger la France ».

 
 
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