Accueil des migrants: bref répit pour le centre d’hébergement la Porte d’Ulysse

La Porte d’Ulysse héberge en moyenne 350 personnes par nuit. © Mathieu Golinvaux.
La Porte d’Ulysse héberge en moyenne 350 personnes par nuit. © Mathieu Golinvaux.

La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés l’avait martelé toute la semaine : en principe, la nuit de ce vendredi à samedi aurait dû être la dernière nuit d’activité de la Porte d’Ulysse, le centre d’hébergement pour migrants en transit géré par ses soins et ouvert dans le nord de Bruxelles il y a près de deux ans. En cause, le contrat passé avec les autorités régionales bruxelloises qui permettait jusqu’ici à l’association d’occuper temporairement une partie du bâtiment public dit « Blue Star » et qui arrivera à échéance le 30 septembre prochain – pour laisser place aux écoles régionales de police et de pompiers.

Un terme qui poussait jusqu’ici l’association à vider les lieux dès ce samedi, face au risque de se retrouver prise de court pour parvenir à quitter le bâtiment à temps. Avec, derrière, la perspective de voir les quelque 350 occupants des lieux grossir les rangs de ceux qui séjournent déjà au parc Maximilien.

L’échéance ne change pas

Il n’en sera finalement rien. En fin de journée ce vendredi, Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme, assurait en effet avoir reçu des engagements de la part des pouvoirs publics bruxellois (Ville et Région) quant au fait qu’une solution de relogement serait trouvée dans les jours à venir. Résultat, le responsable de la Plateforme dit avoir, face à l’insistance des autorités publiques, fait annuler l’arrivée d’un convoi commandé en vue de l’enlèvement de douches et de sanitaires du centre. Chose initialement programmée pour samedi après-midi : « Je m’exécute parce que l’on me maintient qu’une solution sera trouvée pour la semaine prochaine ». Sur les réseaux de l’association, ce dernier rassure les sympathisants : « Les très nombreux échanges de ces derniers jours avec l’ensemble des instances concernées nous conduisent à repousser la fermeture du centre jusqu’à nouvel ordre. »

Tout est bien qui finit bien, donc ? Pour une très brève période de 10 jours seulement, puisque l’échéance du 30 septembre ne change pas, elle.

La Région en solo

Dans ce dossier complexe, une certitude. Il ne faudra pas compter sur le gouvernement fédéral pour intervenir sur le sujet. Maggie de Block (VLD), en charge de l’Asile et de l’Immigration, l’a rappelé pas plus tard que ce vendredi sur RTL. « Il s’agit de personnes qui se trouvent en séjour illégal et pour eux, je ne suis pas compétente » dit-elle. « C’est Bruxelles qui a décidé de fournir un hébergement, ce n’est pas à moi de payer la facture ». Une prise de position attendue, qui confirme toutefois l’idée selon laquelle la Région doit, pour l’instant du moins, avancer seule sur le dossier si elle veut éviter une crise humanitaire sur son territoire. Consciente, la nouvelle majorité de Rudi Vervoort s’est d’ailleurs déjà engagée à déployer à moyen terme un lieu pérenne qui servira de centre d’accueil et d’orientation aux migrants de transit. Une structure qui fait actuellement défaut et n’est pas évidente à mettre en place, faute de bâtiment disponible clé sur porte, assure la Région.

Au regard des délais actuels, il semble plus probable que la situation soit abordée en deux temps. D’abord l’urgence – une relocalisation temporaire –, ensuite le long terme – le centre d’orientation. « Ce qui est déjà certain, c’est que les moyens financiers de la Plateforme ont été prolongés. On a déjà prévu le budget pour qu’ils puissent continuer leurs activités » assure le porte-parole d’Alain Maron (Ecolo), en charge de l’Aide sociale au sein du gouvernement bruxellois. Reste que sans bâtiment, les activités en question se poursuivront difficilement. Sur ce sujet précisément, des « pistes » sont évoquées sans plus de détail, mais c’est tout. Ce qui n’empêche le ministre de répéter avec insistance : « Personne ne se retrouvera dehors. Nous avons une obligation de résultat. »

 
 
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