Coupe du monde de rugby: l’Australie, malmenée, sort victorieuse de son duel face aux Fidji

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Qui s’attendait à voir le XV australien autant dominé dans le jeu au sol et mis à mal dans l’agressivité ? Pas grand monde. Mais, à l’image des larmes du pilier gauche Ma’afu pendant l’hymne national, les « Flying fidjians » (Fidjiens volants), transcendés, y ont cru, eux, et ont régalé le public du dôme de Sapporo… pendant quarante minutes.

Ambitieux, les Fidji ont dynamité le match. Leur ligne de trois-quarts, exclusivement siglée « Top 14 », s’est montrée très incisive en attaque et longtemps… dissuasive en défense.

L’Australie, indisciplinée et imprécise, a très mal débuté son match, battue dans l’agressivité et dans le jeu au sol, pourtant censé être le point fort des wallabies avec l’infernal duo « Pooper » (les 3es lignes gratteurs Pocock et Hooper).

En touche (12e, 26e), en défense, au pied, partout, les Fidjiens ont été étonnants en première période : après un superbe travail sur l’aile de Tuisova, Yato marqua logiquement le premier essai du match (9e) pour les Fidji, et Waisea profitera plus tard d’une approximation australienne pour intercepter et filer à l’essai (44e).

Mais les premières mêlées (14e, 17e, 27e) prouvent que les Fidjiens n’ont pas perdu leur ADN : percutants en attaque, ils restent très en retard dans le secteur de la conquête. Et permettent aux Australiens de se reprendre : après une poussée dominante, le capitaine Hooper se fraya un chemin jusqu’à l’en-but, pour réduire l’écart (7-8, 19e).

La clé : les ballons portés

L’équipe la plus expérimentée du tournoi (46 sélections en moyenne) l’a bien compris : il fallait insister sur le jeu au près pour l’emporter. Alors, méthodique, le XV des Wallabies s’est exécuté et appliqué sur les fondamentaux.

Avant la pause, l’essai de Reece Hodge (37e), mettra un premier coup sur la tête des Fidjiens. Un schéma basique, mais efficace : touche maîtrisée, jeu de petits tas à quelques mètres de l’en-but, puis éjection au large pour trouver l’ailier.

« En Coupe du monde, sans mêlée, sans touche, sans maul, vous ne pouvez pas prétendre gagner », résuma de manière laconique le sélectionneur australien Michael Cheika après le match.

Et les deux réalisations du talonneur Latu (56e et 61e) suivent la méthode de cet adage : touche, maul, essai (25-21). Les Flying fidjians ont marché sur l’eau pendant 35 minutes mais la sortie prématurée de Yato (26), après un début de match tonitruant, puis le carton jaune de Botia (60) ont enterré leurs espoirs.

« C’est un résultat décevant. Nous avons fait une bonne première période, mais ensuite nous avons manqué de discipline. Je ne sais pas à quoi c’est dû. Je pense que c’est mental », a analysé le 3e ligne fidjien et néo-Palois Waqaniburotu.

Repassée devant, l’Australie a ensuite déroulé. Redynamisés par l’entrée de Will Genia, formidable dans le rôle de chef d’orchestre, les Wallabies marquèrent deux essais supplémentaires par Kerevi (69e) et Koroibete (72e) dans une défense fidjienne devenue inexistante, pour s’octroyer le bonus offensif.

Et contenter le capitaine Hooper : « Je crois que nous pouvons être satisfaits de notre performance. Ce match a constitué un sacré test pour nous face à une équipe très physique. Les entrants ont apporté beaucoup d’énergie ».

 
 
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