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«L’homme plus que le président»: la presse française rend hommage à Jacques Chirac

Tour des unes de la presse française au lendemain du décès de l’ancien président.

Temps de lecture: 3 min

La presse française salue vendredi la mémoire de Jacques Chirac, décédé la veille à 86 ans, célébrant «ce que fut» l’homme politique durant sa carrière d’un demi-siècle plus que «ce que fit» le cinquième président de la Ve République.

«L’homme plus que le président... Au moment où il s’efface, c’est ainsi qu’on veut se rappeler Jacques Chirac,» écrit Laurent Joffrin dans Libération qui titre en une «sans Chichi», le surnom attribué affectueusement par ses concitoyens.

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Jacques Chirac, c’est «une part d’humanité, somme toute, qui a fini par dominer cette figure de sabreur sans état d’âme, de président presque aboulique, et qui suscite dans l’opinion, au moment de sa disparition, comme une tendresse nostalgique», poursuit le directeur de Libération.

L’affection vouée à l’ancien président par ses concitoyens découle «davantage» de «ce qu’il fut» que de «ce qu’il fit», juge aussi Le Figaro qui titre sobrement «adieu» à la «une».

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L’ex-chef de l’État «a épousé les permanences et les contradictions d’un pays qu’il a su incarner, en homme d’État, avec allure et humanité» et «si les Français, au-delà des apparences, n’ont jamais cessé d’aimer Jacques Chirac, c’est que, dans ses vertus comme dans ses faiblesses, il était profondément français», écrit Alexis Brézet.

Que restera-t-il de Jacques Chirac qui ne fut jamais aussi populaire qu’à la fin de sa longue carrière? «L’image du grand Jacques, de son sourire, de ses petites phrases mais aussi de ses maladresses qui ont façonné le personnage et sa légende», répond Mickaël Tassart dans Le Courrier Picard.

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Le Corrézien restera l’incarnation d’un «France sympathique mais pessimiste parce qu’elle ne s’aime pas beaucoup, qui adore se détester sauf quand on la salue depuis l’étranger parce qu’elle est toujours capable de panache», remarque Maurice Bontinck dans La Charente Libre.

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«On va évoquer son amour de la tête de veau et de la bière Corona bien fraîche. Sa gauloiserie, sa séduction de grand échalas, son oeil qui frisait à la vue d’une jolie femme, ses poignées de main qu’en campagne il distribuait si généreusement qu’en fin de journée il lui fallait un bain d’eau glacée pour repartir», énumère Jean-Marcel Bouguerreau dans La République des Pyrénées.

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Humanité et pudeur

Jacques Chirac «aima par-dessus tout la France et les Français. Passionnément. Avec humanité et pudeur», insiste Christophe Hérigault dans La Nouvelle République ». Son éditorial est intitulé tout simplement « humain ».

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« C’est un aïeul qui nous quitte », pleure Dominique Jung dans les Dernières Nouvelles d’Alsace en pensant à ce « bagarreur par méthode, vorace par nature, optimiste par principe ».

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« Jacques Chirac aimait les gens. Il aimait aussi la France sans aucun doute, car il la voulait forte, porteuse de valeurs et créatrice de paix dans le monde. Mais il aimait profondément, intensément les Français », note-t-il. Si bien qu’ »on a tous en nous quelque de Jacques Chirac, qu’on ait combattu son action ou qu’on l’ait soutenu », remarque Pascal Ratinaud dans La Montagne.

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Même le quotidien communiste L’Humanité confesse un « étrange attachement » à Jacques Chirac parce qu’il « respectait chacun » et n’était « pas du genre à étaler sa morve ».

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Déjà, « il manque quelqu’un à la France », regrette Olivier Biscaye dans Le Midi Libre.

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