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Meurtre d’Alfred Gadenne: «C’est le dossier de la détresse d’un ado»

La personnalité de Nathan doit être une circonstance atténuante, selon la défense.

Temps de lecture: 3 min

La défense de Nathan Duponcheel, l’assassin du bourgmestre de Mouscron Alfred Gadenne, a demandé aux jurés et à la cour, vendredi, de retenir des circonstances atténuantes en faveur du jeune homme qui a tué le septuagénaire dans le cimetière de Luingne, le 11 septembre 2017. Pour la défense, ce dossier est avant tout celui de la détresse d’un adolescent dont personne n’a remarqué les souffrances et qui s’est enfoncé dans une obsession morbide. La personnalité de Nathan doit être une circonstance atténuante, estime la défense. «Il est timide, taiseux, introverti, solitaire.»

>Meurtre du bourgmestre de Mouscron: l’expertise psychiatrique du meurtrier dévoilée

Son histoire de vie aussi, retracée par Me Joséphine Moulin. Les déboires professionnels de son père, «un dossier devenu passionnel, selon un syndicaliste», le suicide de son père en février 2015, sa fugue et ses déclarations inquiétantes à la police, ses SMS inquiétants envoyés à ses amis, le fait de vivre dans cette maison où le drame s’est déroulé. Et là, Me Rivière s’adresse à sa mère qui, selon lui, aurait pu faire des démarches pour déménager. «Par fatalité, personne n’a saisi sa détresse, personne n’a saisi cette bouteille à la mer, personne ne l’a écouté, personne ne l’a conseillé.»

Le 12 septembre 2017, à 2h00 du matin, Nathan est entendu par la police, quelques heures après le crime. «Un policier de la PJ dira qu’il avait besoin de dire ce qu’il avait sur le cœur. Ce dossier, c’est le dossier de la détresse d’un ado», dit-il, un ado qui s’est lancé dans «une obsession morbide». Selon Me Rivière, Nathan a aussi participé à l’enquête, ce qui doit être considéré comme une circonstance atténuante.

Quant au mobile, la défense considère qu’il n’a pas été inventé. «On sait pourquoi il attaque Alfred Gadenne et que la raison, au bout du compte, est fausse. Mais en septembre 2017, il ne le sait pas. Il ne sait pas que le bourgmestre n’a pas mis son nez dans le dossier de son père».

La défense retient aussi les regrets de Nathan, malgré l’histoire du compte bancaire vidé par sa mère pour ne pas indemniser les parties civiles. «Nathan en a formulés dès sa première audition. Il en a encore exprimés lors du procès, même s’il les exprime peu et mal parce que c’est sa personnalité.»

Au sujet de la dangerosité sociale, Me Rivière a des inquiétudes à la suite de l’affaire du bracelet électronique brisé, le 7 mars 2018. Mais l’homme de loi préfère s’en référer aux expertises en santé mentale: aucune psychopathie, risque de récidive faible, etc. Par contre, il y a un risque de dérapage en cas de frustration si l’impulsivité n’est pas encadrée. Le risque va évoluer en tenant compte de la manière dont lui va évoluer, se structurer. «Nathan, c’était un bon et chouette gamin avant d’être un assassin.»

Nathan est détenu dans l’annexe psychiatrique de la prison de Mons où les modalités de surveillance sont différentes de la prison normale, que Me Rivière qualifie d’« université de la délinquance».

Nathan a enfin pris la parole. «Je comprends tout le mal que j’ai fait et la souffrance de la famille Gadenne, je suis désolé. Je regrette ce que j’ai fait, chaque jour. Je m’excuse d’avoir fait ça», a-t-il déclaré, en larmes.

 

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4 Commentaires

  • Posté par Pablos Gino, vendredi 27 septembre 2019, 12:46

    Surtout le drame d'un ado qu'on n'a pas appris que dans la vie on se prend aussi des baffes et des sacrées, qu'il faut faire avec et aller de l'avant.Finalement égorger quelqu'un devient presque un fait divers anodin,ce qu'il faut s'est se mettre à la place du coupable et pas de la victime,de toute façon elle n'est plus la.L'ampathie va à celui qui tue ,égorge,dans ces conditions nous avons tous quelque chose au fond de nous qui nous fait souffrir ,faut il pour autant éliminer l'autre?????? qui n'en peut peut être rien de notre mal aise.

  • Posté par Petitjean Marie-rose, vendredi 27 septembre 2019, 13:16

    Gino, il est normal que l'avocat de cet ado le défende du mieux qu'il le peut et qu'il veuille susciter une certaine forme d'empathie, de compréhension à son égard. Cela ne signifie pas qu'il n'a pas le plus grand respect pour la victime et sa famille, il est seulement dans son rôle et c'est tout à son honneur et à celui de notre Justice.

  • Posté par Jean Knapen, vendredi 27 septembre 2019, 12:26

    Il devrait y avoir une notion approchante du crime passionnel dans ce genre de dossier. Pour un fils aimant, la défense du père (ou de la mère) victime, selon sa perception, d'une injustice insupportable - et mortelle en l'occurrence - est possiblement aussi passionnel qu'un crime dans le cadre d'une relation amoureuse. Dans les deux hypothèses, il est question d'amour, qui peut être "infini", incontrôlable, en partie irresponsable.

  • Posté par Petitjean Marie-rose, vendredi 27 septembre 2019, 13:12

    Jean la notion de "crime passionnel" est abandonnée depuis un certain temps. Il ne s'agit jamais d'amour quand on détruit la vie.

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