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Chirac, un drôle de paroissien!

Notre chroniqueur a côtoyé des décennies durant l’ancien président français décédé jeudi 26 septembre. Il dresse le portrait d’un homme « boulimique bouffeur » qui entretenait savamment son image de « beauf » mais dont la culture et les connaissances artistiques, les lettres et la poésie en particulier, étaient immense.

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Chroniqueur Temps de lecture: 6 min

Il était effondré. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Même quand, à minuit, dans son bureau de ministre, en 1975, prévenu que Le Canard Enchaîné allait sortir l’info, il tenta de m’expliquer nuitamment que son château en Corrèze, rénové avec l’argent de l’Etat, n’était qu’une petite bicoque avec quatre fenêtres.

Cette fois, la misère du monde semblait peser sur ses épaules. Nous allions ouvrir une séance du conseil d’administration de la Maison de la Poésie de la ville de Paris dont il était président et moi vice-président.

Autour de la table, ses amis Pierre Emmanuel, Pierre Seghers, Luc Bérimont et un poète irlandais dont il s’était entiché. Il n’y avait pas Victor Hugo parce qu’il était mort.

Pourquoi cette tête de chien battu ?

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2 Commentaires

  • Posté par Dechamps Pascal , lundi 30 septembre 2019, 21:12

    Ma foi, une confirmation : qu'est-ce que cet homme politique a réellement fait de "Grand" pour son Pays ? Une chose pour laquelle il a été "moteur". En fait, rien. Là où il fut progressiste, les majorités étaient déjà acquises, sans risque donc. Et là où il fut vraiment courageux, c'était sans risque aussi car l'affaire était pliée (je parle de l'Irak). Alors quoi? Prisonnier de sa propre posture de droite. Un catalogue d'occasions manquées et la nostalgie des journalistes croyant avoir approché le Soleil n'y changera rien.

  • Posté par Deckers Björn, mardi 1 octobre 2019, 17:37

    On focalise souvent à tort sur la présidence de Jacques Chirac. Mais il y a tout le reste. Il fut aussi le premier ministre dont la ministre de la Santé, Simone Veil avait dépénaliser l'IVG, bien avant la Belgique et malgré la tempête des siens. Il est encore en 1981 de la minorité de la droite qui votait avec la gauche l'abolition de la peine de mort en France. En 1995, avec la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, il est une fois de plus du bon côté de l'Histoire, sur l'Irak, non ce n'était pas plié comme vous dites, la diplomatie américaine lutta durement contre la "vieille Europe" et encore jusqu'au tombeau puisque Trump tarda à envoyer un communiqué et Georges Bush ne s'est même pas manifesté. Pourtant là encore, il est du bon côté de l'Histoire et encore bien plus avec son discours "la maison brûle et nous regardons ailleurs". On peut reprocher à Jacques Chirac de n'avoir pas fait de grrrrande réforme et c'est vrai qu'il ne fut pas le président le plus réformateur de la France, c'est un fait incontestable. Il avait la notion du temps long de l'Histoire, la conviction qu'il était bien plus utile de convaincre en profondeur que de réformer en surface. Et puis il y a son vrai positionnement. S'il avait été recruté par Georges Pompidou, et qu'il fit dès lors carrière chez les gaullistes (Jacques Chirac n’appellera jamais ce parti la droite), c'était on le sait un rad-soc (un radical socialiste parti de Pierre Mendès-France), son appel à voter Hollande en 2012, sa sympathie connue pour Michel Rocard (qui était de la même promotion à l'ENA) en disent probablement plus finalement que sa présidence du RPR, comme le reste de son parcours. Il faut juste savoir de quel Jacques Chirac on parle

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