La légendaire cantatrice américaine Jessye Norman s’est éteinte à 74 ans

Jessye Normans
Jessye Normans - Reuters

La cantatrice américaine Jessye Norman, soprano dont la voix à la fois sombre et majestueuse avait conquis les publics du monde entier, est décédée lundi à New York à 74 ans, des suites d’une septicémie. Sa venue en Belgique remonte à 2012 à Gand, où elle avait reçu un « We Are Music Award » lors du Gent Festival van Vlaanderen.

« C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons la mort de la star internationale de l’opéra Jessye Norman », a indiqué sa famille dans un communiqué transmis par une porte-parole. « Nous sommes si fiers de ses réussites musicales et de l’inspiration qu’elle a été pour le public dans le monde entier, qui continuera à être une source de joie », a-t-elle ajouté.

Née le 15 septembre 1945 à Augusta, dans un État de Géorgie alors soumis à la ségrégation, Jessye Norman, issue d’une famille de cinq enfants, s’initie à la musique par l’église, en chantant les traditionnels « spirituals ».

En grandissant, elle se met à écouter les opéras à la radio, notamment ceux du prestigieux Metropolitan Opera, où elle allait elle-même devenir une star.

Installée en Europe

Engagée dès 1968 – elle n’a alors que 23 ans – au Deutsche Oper de Berlin, elle débute en France cinq ans plus tard, dans l’« Aïda » de Verdi. Des invitations suivent au Festival d’Aix-en-Provence (« Hippolyte et Aricie » de Rameau en 1983, « Ariane à Naxos » de Richard Strauss en 1985), à l’Opéra-Comique (1984) et au Châtelet (1983, et régulièrement depuis 2000).

Elle s’installe en Europe où, avec son timbre sombre et pulpeux, elle s’impose comme l’une des sopranos dramatiques les plus reconnues, en particulier pour ses interprétations de Wagner.

« La beauté et le pouvoir, la singularité de la voix de Jessye Norman : je ne me souviens pas d’autre chose de semblable », déclarait en 2014 la Prix Nobel de littérature Toni Morrison, décédée elle-même en août dernier, lors d’une soirée d’hommage à Jessye Norman.

Jessye Norman était aussi une femme de convictions, socialement engagée, notamment pour les artistes des milieux défavorisés. Elle avait notamment fondé dans sa ville natale d’Augusta la Jessye Norman School of the Arts, gratuite pour les plus désargentés.

Si elle avait chanté aux cérémonies d’investiture des présidents américains Ronald Reagan et Bill Clinton, ou pour le 60e anniversaire de la reine Elizabeth II, en 1986, avant de recevoir la Médaille nationale des arts des mains du président Barack Obama en 2009, la cantatrice s’était retirée de la scène ces dernières années.

Ses dernières interviews remontent pour la plupart à 2014, année de la publication de ses mémoires, « Stand Up Straight and Sing ! ». Elle y racontait en détail les femmes qui l’avaient marquée, et le racisme auquel elle avait été confrontée, enfant puis adulte.

 
 
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