Les vagues de chaleur 2019 ont tué au moins 716 personnes

Les vagues de chaleur 2019 ont tué au moins 716 personnes
Belga

Cet été, le Plan forte chaleur et pics d’ozone a été activé trois fois : entre le 21 juin et le 1er juillet, entre le 19 et le 26 juillet et entre le 23 et le 28 août 2019. Ces périodes ont toutes connu des journées de températures élevées et de concentrations considérables en ozone. Au cours de ces périodes, Sciensano, l’institut belge de la santé, a observé une surmortalité dans la population. Comme ce fut le cas lors d’autres vagues de chaleur, ces décès supplémentaires ont été observés pendant ou juste après les journées les plus chaudes.

Cet été, le Plan forte chaleur et pics d’ozone a été activé trois fois. Du 21 juin au 1er juillet inclus, cette période a connu 3 journées chaudes non consécutives avec des températures localement jusqu’à 35ºC (33,6ºC à Uccle – IRM), une concentration horaire moyenne d’ozone la plus élevée allant jusqu’à 198 µg/m³. Du 19 au 26 juillet inclus : cette période a connu 4 journées chaudes consécutives avec des températures extrêmes dans de nombreux endroits bien au-dessus de 40ºC (39,7ºC à Uccle – IRM) et une concentration horaire moyenne d’ozone la plus élevée allant jusqu’à 242 µg/m³. Ces valeurs sont exceptionnelles. Du 23 au 28 août inclus : cette période a connu 3 journées chaudes consécutives avec des températures localement jusqu’à 35ºC (33,4ºC à Uccle – IRM) et une concentration horaire moyenne d’ozone la plus élevée allant jusqu’à 206 µg/m³.

Juillet mortel !

Une surmortalité a été observée au cours des 3 épisodes de chaleur, avec des pics les jours où les températures étaient supérieures à 30ºC. Pendant et après la 1re vague de chaleur (21 juin – 2 juillet), on a observé en Belgique une surmortalité modérée (+ 4 % ou 128 décès en plus des 2.885 décès attendus) dans tous les groupes d’âge de la population mais principalement dans le groupe des personnes âgées de plus de 65-84 ans. « En Flandres, le nombre de décès supplémentaires au cours de la première vague de chaleur est resté plus limité qu’en Wallonie et à Bruxelles, probablement parce qu’en Flandres, les températures étaient moins élevées au cours de cette période que dans les deux autres régions », explique Nathalie Bossuyt, chercheuse chez Sciensano.

Un îlot urbain

Pendant et après la 2e vague de chaleur (19 – 27 juillet), une surmortalité prononcée a été constatée dans toutes les catégories d’âge en Belgique (+17 % ou 400 décès en plus des 2296 décès attendus), mais surtout dans le groupe des personnes âgées de plus de 85 ans. Le nombre de décès supplémentaires (en plus du nombre de décès attendus) a connu une pointe pendant 3 journées consécutives, le 24 juillet avec 81 décès supplémentaires 25 juillet avec 110 décès supplémentaires 26 juillet avec 136 décès supplémentaires. « Pendant la 2e canicule, la surmortalité a été très élevée principalement à Bruxelles (jusqu’à presque 35 %). Une explication possible pourrait être un effet d’îlot de chaleur urbain. Dans les villes, il peut en effet faire beaucoup plus chaud que dans les territoires avoisinants, par le fait que le vent y est bloqué et que la chaleur s’accumule dans le béton, l’asphalte et les pierres. De ce fait, les températures nocturnes peuvent également y rester plus élevées, alors qu’à la campagne, les nuits sont plus fraîches » explique Nathalie Bossuyt.

Pendant et après la 3e vague de chaleur (23 – 29 août), une surmortalité évidente a de nouveau été constatée en Belgique (+10 % ou 188 décès en plus des 1795 décès attendus), principalement dans le groupe des plus de 65 ans. « La 3e canicule s’est caractérisée par une surmortalité en Flandre et en Wallonie, mais pas à Bruxelles », poursuit Nathalie Bossuyt.

Pouvons-nous comparer les vagues de chaleur de cet été à celles de 2018 ? « Des records de températures ont été observés tant lors des vagues de chaleur de cet été que lors de celles de 2018. Il reste toutefois très difficile de comparer des périodes de chaleur entre elles parce que les circonstances peuvent être très différentes. L’été de 2018 s’est caractérisé par 2 longues périodes de températures élevées et de fortes concentrations en ozone. Cet été-là, Sciensano a enregistré une surmortalité en quelques jours mais elle s’est avérée en fin de compte plus faible que prévu. 2019 a connu 3 vagues de chaleur plus courtes mais fortes au cours desquelles une surmortalité évidente a été observée, à savoir lors des journées de températures extrêmes en juillet. La surmortalité des 24, 25 et 26 juillet 2019 par exemple a été chaque fois plus élevée que la surmortalité journalière la plus élevée observée au cours de l’été 2018 », explique l’experte.

Selon l’Institut Sciensano, il est toutefois encore un peu trop tôt pour tirer des conclusions sur le nombre total de décès pendant tout l’été de 2019. De plus, Sciensano ne dispose pas encore des causes de décès spécifiques. C’est un calcul uniquement statistique. De ce fait, il n’est pas possible de déterminer quelles ont été les causes exactes de cette surmortalité. Mais l’Institut insiste : « La prudence reste de mise en cas de fortes températures ou de pics d’ozone ».

 
 
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