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Le gouvernement wallon casse la vente par Nethys de Voo, Elicio et Win: un dossier transmis au Parquet

Le gouvernement wallon a cassé les ventes de Voo, Elicio et Win, filiales de Nethys.

Chef du service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Coup de théâtre à Namur, ce dimanche. Le gouvernement wallon a décidé purement et simplement d’annuler les ventes (ou projets de vente) de VOO, Win et Elicio, trois filiales de Nethys. La vente de ces trois filiales a été actée par le conseil d’administration de Nethys le 22 mai dernier, assure le ministre des Pouvoirs Locaux Pierre-Yves Dermagne. Sans demander l’avis conforme de la maison-mère Enodia (ex Publifin). Ce qui est contraire au code de la démocratie locale. Le ministre casse donc ces décisions, « prise en violation de la loi » et de façon « contraire à l’intérêt général ».

Le conseil d’administration de Nethys est également accusé d’avoir « outrepassé le mandat de négociation confié par Enodia ». Le gouvernement lui reproche de ne pas avoir mis les actifs en concurrence pour en tirer le meilleur prix. Même pour VOO, « plusieurs lacunes » sont constatées dans la procédure de vente. « Les éléments sont tels qu’un dossier a été transmis au parquet fédéral », conclut le ministre président Elio Di Rupo. « Les éléments mis en lumière par l’instruction (sont) susceptibles de constituer une ou plusieurs infractions pénales », ajoute Pierre-Yves Dermagne.

Elicio vendue deux fois plus cher

Autre énorme surprise : contrairement à tout ce que Nethys a raconté depuis deux semaines, les filiales Win et Elicio ont en fait déjà été vendues à Ardentia, la société créée par François Fornieri (lui-même administrateur de Nethys, ce qui inquiète aussi le gouvernement). Les transferts de parts ont eu lieu le 2 septembre dernier, selon le ministre Dermagne, alors que l’accord de vente datait du 22 mai. Les bijoux de famille étaient donc déjà partis !

Précision, Elicio a en réalité été vendue deux fois plus cher qu’annoncé précédemment : non pas pour un euro symbolique, mais pour deux. « Les conditions de la vente d’Elicio à Ardentia apparaissent préjudiciables aux intérêts patrimoniaux de Nethys et de ses actionnaires, et donc de l’intérêt général, avec un prix de cession symbolique de 2 euros et une aggravation du risque de crédit pris par Nethys sur Elicio au titre de prêts très significatifs (264 millions) que Nethys continuera à accorder à Elicio après sa privatisation. En bref, on cherche à privatiser les profits sur cette activité et à collectiviser une partie des pertes », assène le ministre Dermagne.

La manière dont cette vente a été présentée au conseil d’administration pose également problème. « Empressement, présentation d’offres au CA de Nethys du 22 mai en séance, apparemment sans que tous les administrateurs n’en aient eu connaissance avant la réunion, et j’en passe », conclut M. Dermagne.

Autant d’éléments qui ont conduit, on le répète, à l’annulation pure et simple de ces différentes ventes par la tutelle wallonne.

 

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