Coalition fédérale: pour Reynders, «au PS et à la N-VA de voir s’ils peuvent former un gouvernement»

Johan Vande Lanotte (à gauche) et Didier Reynders
Johan Vande Lanotte (à gauche) et Didier Reynders - Belga

Il incombe maintenant aux deux partis les plus grands de leur Communauté -le PS et la N-VA- de travailler ensemble de manière intensive afin de trouver les convergences qui permettront d’entamer la formation d’un gouvernement fédéral, ont indiqué lundi les deux informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, après la remise de leur rapport final au Roi.

« A nos yeux, il faut maintenant que les deux principales formations politiques dans leur Communauté -le PS et la N-VA- puissent déterminer entre elles s’il est possible de trouver une base suffisante pour former un gouvernement », a expliqué M. Reynders. Le socialiste et le libéral ont insisté sur la nécessité de créer de la « confiance » entre les deux partis que tout sépare depuis cinq ans.

M. Vande Lanotte a usé d’un style très imagé : « La confiance, c’est quelque chose qui grandit. Prenez l’exemple d’une famille où les parents ont dit pendant cinq ans aux enfants qu’ils ne pouvaient pas aller dans l’eau parce qu’il y avait des crocodiles. Si, après cinq ans, ils disent qu’en fait, il n’y avait pas de crocodiles, la chance est maigre que les enfants aillent nager tout de suite », a-t-il fait remarquer.

Le ton n’était pas enthousiaste

Le roi tient sa décision en suspens mais il est probable qu’il désigne un socialiste francophone et un nationaliste flamand pour poursuivre le travail. Le PS et la N-VA devront travailler « intensivement » pour établir ces convergences, estiment les deux informateurs, en gardant le contact avec les quatre autres partis encore en lice dans le cadre de la formation fédérale : le MR, le CD&V, l’Open Vld et le SP.A.

Quatre mois après leur désignation et cinq prolongations de leur mission, les informateurs ont remis au roi une note exploratoire, une note budgétaire et des propositions qui complètent la première note. De nombreux domaines de la politique fédérale ont été explorés.

M. Reynders n’a pas voulu se prononcer sur les chances de réussite de leurs successeurs. Il existe maintenant une base de discussion mais le ton n’était pas enthousiaste. « Nous sommes convaincus qu’on aurait pu ou dû aboutir à cette conclusion il y a quelques mois », a soupiré M. Reynders, regrettant la « diabolisation » qui s’est produite « de part et d’autre ».

 
 
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