Trump se met le camp républicain à dos sur la Syrie

« Enorme erreur », « désastre » : en annonçant abruptement qu’il laissait le champ libre à la Turquie dans le nord de la Syrie, Donald Trump a suscité de vives réactions au sein même du parti républicain.

Cette spectaculaire annonce, qui renforce l’image d’un président isolé au sein de son propre camp, intervient au moment où il a un besoin crucial de ses alliés politiques pour contrer la procédure de destitution qui le menace. Preuve du malaise, son administration s’est employée lundi, dans l’urgence --et une certaine confusion-- à rétropédaler et à minimiser la portée du communiqué présidentiel de dimanche soir qui a suscité la stupeur.

Si M. Trump a toujours fustigé les guerres « sans fin », le retrait de troupes américaines de secteurs proches de la frontière turque, dans le nord de la Syrie, place les forces kurdes --alliées de Washington dans la lutte antijihadiste-- à la merci d’une offensive militaire d’Ankara. Les réactions de la plupart des ténors du parti républicain ont été cinglantes.

Pour le sénateur Lindsey Graham, proche du président américain, avec lequel il joue régulièrement au golf, cette décision est « un désastre en puissance » et « l’abandon des Kurdes sera une tache sur l’honneur de l’Amérique ». Le sénateur de Floride Marco Rubio a lui parlé d’une « grave erreur qui aura des implications bien au-delà de la Syrie ».

«Toujours soutenir nos alliés»

Nikki Haley, ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU et figure montante du parti républicain, a jugé utile de rappeler au 45e président des Etats-Unis un principe simple des relations internationales : « Nous devons toujours soutenir nos alliés si nous attendons d’eux qu’ils nous soutiennent ». « Les Kurdes ont joué un rôle crucial dans notre combat couronné de succès contre l’EI en Syrie. Les laisser mourir est une énorme erreur », a-t-elle ajouté.

Conflit en Syrie : Trump promet « d’anéantir » l’économie turque si Ankara « dépasse les bornes »

Le chef de file des républicains au Sénat américain, Mitch McConnell, a lui averti qu’un retrait précipité de Syrie ne « pourrait que profiter » à la Russie, à l’Iran et au régime de Bachar al-Assad.

 
 
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