Accueil Belgique Politique

Vers une hausse du salaire minimum de 3,5%?

Le Groupe des Dix, qui réunit syndicats et patrons, souhaite faire aboutir un accord sur le salaire minimum.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

Que devient la concertation sociale ? Patrons et syndicats s’étaient quittés au cœur de l’été, avec un Accord interprofessionnel rejeté par la FGTB mais dont la plupart des points avaient ensuite été concrétisés par des conventions collectives signées au sein du Conseil National du Travail. Depuis, les interlocuteurs sociaux ont continué à plancher sur la principale pierre d’achoppement, la hausse du salaire minimum, ainsi que deux autres dossiers chauds.

Qui paiera le salaire minimum ? L’AIP prévoyait une hausse de 1,1 % du salaire minimum. Insuffisant, aux yeux de la FGTB, dont les instances ont recalé l’ensemble de l’accord au nom de cette « aumône ». Il faut donc obtenir plus. Combien ? Les estimations qui ont filtré depuis l’été évoquaient jusqu’à quelque 6 % d’augmentation. Ce matin, nos confrères de l’Echo évoquent une hausse de 3,5 %, en deux temps  : 1,1 % en novembre et 2,4 % en avril prochain. Le salaire minimum étant fixé actuellement à 1.655 euros bruts, cette majoration représenterait un gain de 58 euros bruts mensuels pour les 136.000 salariés concernés, chiffre le quotidien.

Qui va payer ?

Les employeurs ne sont pas opposés à aller plus loin que le 1,1 % de l’Accord interprofessionnel, à condition que cela ne leur coûte rien de plus. Autrement dit, cette hausse devrait passer par autre chose qu’une majoration du salaire brut. La piste d’une diminution des cotisations sociales paraît la plus évidente. Elle pourrait concerner les rémunérations inférieures à 1.900 euros par mois. A ceci près que cela se ferait aux frais de la Sécurité sociale, laquelle affiche un déficit supplémentaire de 1,5 milliard d’euros (Le Soir du 26 septembre). La FGTB est montée au créneau pour réclamer le maintien de la dotation d’équilibre et dénoncer la baisse des recettes de la Sécu, pointant du doigt les… baisses de cotisations sociales. Difficile, dès lors, de ficeler une solution en faveur du salaire minimum sur le dos de la Sécu. La solution pourrait venir d’un abaissement temporaire de ces cotisations sociales. Pour peu que le prochain gouvernement l’accepte.

A ceci s’ajoute en sus un nouvel élément : le gouvernement flamand qui vient d’être formé accordera un « Jobbonus » aux bas salaires, qui ira jusqu’à 50 euros par mois pour les travailleurs rémunérés au salaire minimum. De quoi calmer l’appétit des ailes flamandes des syndicats ? A voir.

Qui financera l’employabilité ?

Autre dossier en attente d’un accord : l’application de l’article 39 Ter du code du travail. Derrière cet intitulé rebutant se cache une décision adoptée par le gouvernement sortant qui prévoit que lors d’un licenciement, si la durée du préavis excède 30 mois, un tiers de l’indemnité doit être affectée à l’amélioration de l’employabilité du travailleur licencié. Cette somme doit donc être utilisée pour le former. Le gouvernement Michel a toutefois laissé le soin aux interlocuteurs sociaux de s’entendre sur les modalités d’application, sous peine de sanctions dont les modalités pratiques restent encore à préciser. Le banc patronal veut un accord sur ce point. Il a lié le dossier à celui de l’augmentation du salaire minimum. Un accord serait possible, entend-on des deux côtés de la table de négociation.

Qui harmonisera les pensions complémentaires ? Enfin, il y a le dernier sujet soumis à négociations. L’harmonisation des statuts ouvriers et employés prévoit en effet que les premiers cités puissent, eux aussi bénéficier d’un régime de pension complémentaire du second pilier. A quelle condition ? Avec quel coût pour leur employeur ? Ces questions doivent encore être tranchées. Un accord de principe pourrait intervenir avant mardi, à charge pour les secteurs d’en régler certains détails.

Face à un tel menu, on s’étonne de l’optimisme général quant à la possibilité d’un accord global. Mais les réunions de travail se sont, dit-on, déroulées dans un climat constructif. Avec comme un parfum d’été indien.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

4 Commentaires

  • Posté par Van Braekel Benoit, mardi 8 octobre 2019, 12:00

    Correction : Il n'existe pas de "Code du travail" en Belgique, il existe par contre un Code du bien être au travail. Ici il s'agit de l'article 39ter de la loi relative aux contrats de travail (loi du 3 juillet 1978)

  • Posté par Dechamps Pascal , mardi 8 octobre 2019, 14:09

    vous avez raison, il faut être précis

  • Posté par Nica Petre, mardi 8 octobre 2019, 11:43

    L'augmentation de 3,5% est toujours trop petite et hypocrite car ce sont bien les patrons qui doivent valoriser mieux les travailleurs qui les enrichissent avec des millions chaque année. Trop petite en valeur absolue et aussi en valeur relative car phasée sur deux ans. Hypocrite car c'est encore la Sécu déjà sous financée par les patrons qui devrait soutenir une hausse de salaires dont la responsabilité est patronale. Non merci. il faut prendre l'argent TOUJOURS là où il en a assez et beaucoup trop et pas là où il n'y a pas assez travilleurs ou plus la Sécu. A bon entendeur VOKA et FEB salut...

  • Posté par Dechamps Pascal , mardi 8 octobre 2019, 14:11

    De manière générale c'est l'ensemble de la valeur ajoutée de l'entreprise qui devrait être soumise à cotisation et plus seulement la composante "salaire". Ainsi l'effet d'aubaine du remplacement de la force humaine par l'automatisation disparaitra.

Sur le même sujet

Aussi en Politique

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs