Pas (encore?) de commissaire spécial chez Nethys

Pas (encore?) de commissaire spécial chez Nethys

Les députés wallons sont restés sur leur faim ce mardi matin en commission des Pouvoirs locaux du Parlement wallon. Et pour cause : soumis à une impressionnante volée de questions et d’interpellations sur le dossier Nethys, le ministre Pierre-Yves Dermagne (PS) a répondu dans la mesure de ses possibilités. Celles-ci sont restreintes par les principes généraux du droit qui lui imposent une grande prudence dans les propos et même une large part de confidentialité sur des dossiers juridiques et économiques très sensibles.

« Le moindre dérapage pourrait avoir des conséquences sur l’emploi et l’avenir des entreprises », a appuyé le député MR Yves Evrard. Pour l’essentiel donc, le représentant du gouvernement s’en est tenu à un commentaire des décisions annonces de dimanche : l’annulation des décisions du 22 mai portant sur Voo, Win et Nethys et la transmission d’informations au parquet fédéral.

Pierre-Yves Dermagne a toutefois précisé que le processus de contrôle et d’investigation demandé à son administration à la fin du mois de septembre n’est pas achevé. Enodia et Nethys ont répondu aux questions portant sur Voo, Win et Elicio dans les délais fixés par le ministre. Ces réponses ont mis en lumière « un risque de préjudice grave et difficilement réparable » pour ces trois sociétés. Le gouvernement a donc décidé d’agir en urgence, dès dimanche dernier.

Le gouvernement wallon continue d’investiguer

« Mais les investigations se poursuivent à propos des éditions de L’Avenir, de l’assureur Intégrale et même des perspectives de développement de l’aéroport de Liège », a souligné le ministre. Pas plus tard que ce lundi, le groupe liégeois a reçu des demandes d’informations complémentaires à propos de l’avenir de ces entreprises.

La procédure contradictoire engagée à l’égard de la galaxie Enodia-Nethys n’est donc pas close. Une réalité qui, selon le ministre, empêche à ce stade d’envoyer à Liège un commissaire spécial du gouvernement wallon qui prendrait les commandes de Nethys dont le conseil d’administration est démissionnaire : « Il n’y a pas de refus d’obtempérer. » C’est une des conditions fixées par le code de la démocratie locale pour permettre l’engagement de cette phase de mise sous tutelle.

De l’attentisme, selon l’opposition

L’opposition CDH regrette cette forme d’attentisme. Pour le chef de groupe François Desquesnes, les éléments révélés par la procédure d’investigation sont suffisamment graves pour justifier l’envoi de ce commissaire spécial : « Vous ne devez pas attendre pour agir. La mise en place de nouvelles instances prendra encore du temps. Il faut passer à la vitesse supérieure. »

En fin de séance, la commission a rejeté la demande d’auditions déposée par le PTB. Celui-ci aurait voulu entendre Muriel Targnion, la présidente d’Enodia, Daniel Bacquelaine et Jean-Claude Marcourt, chefs de file du MR et du PS à Liège, mais aussi Valérie De Bue, ministre des Pouvoir locaux au printemps dernier, lorsque le conseil d’administration de Nethys prenait les décisions contestées.

 
 
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