Près d’un hôpital sur trois déficitaire en Belgique

Près d’un hôpital sur trois déficitaire en Belgique
Nicolas Maeterlinck

L’exercice 2018 a de nouveau été faible pour les hôpitaux, constate l’étude Maha (Model for Automatic Hospital Analyses) de Belfius, menée auprès de tous les hôpitaux publics et privés de Belgique. Ensemble, ils réalisent un résultat d’exploitation de 230 millions et un chiffre d’affaires de 15,543 milliards d’euros. Abstraction faite des éléments exceptionnels, le résultat courant ne s’élève qu’à 31 millions. « Cela signifie que la moindre perturbation des revenus peut avoir des conséquences catastrophiques dans le secteur », commente Belfius.

Au total, quasi un hôpital sur trois était déficitaire (32 %) en 2018. Il s’agit d’une légère amélioration par rapport à l’année précédente, où 44 % des hôpitaux étaient dans le rouge. La position du cash-flow – qui indique dans quelle mesure les hôpitaux sont capables de respecter leurs engagements à court terme – s’est légèrement améliorée : 18 % des hôpitaux sont confrontés à un cash-flow insuffisant et 2 % à un cash-flow négatif. « Cependant, cette amélioration n’est pas structurelle, mais elle est due au versement unique de montants de rattrapage en 2018 », complète la banque.

Le chiffre d’affaires a, lui, augmenté (+5,2 %) pour s’établir à 15,5 milliards d’euros et les frais de personnel sont restés sous contrôle avec une hausse de 3,1 %.

Plusieurs défis à surmonter

« Voici déjà plusieurs décennies que les hôpitaux belges évoluent, d’entités individuelles et autonomes vers des organisations de soins plus larges qui collaborent entre elles. L’idée de grouper les hôpitaux en réseaux a ainsi vu le jour (…) Mais il ne faut pas y voir la solution miracle qui permettra de redresser la situation. Le secteur des soins de santé dans son ensemble sera confronté à des défis gigantesques ces prochaines années. La réforme fondamentale du système actuel de financement des hôpitaux est cruciale pour réussir la transition vers un paysage des soins de santé remanié. Il reste par ailleurs de multiples obstacles à surmonter, comme la législation TVA, le droit du travail, ou la faculté de fusionner certaines activités. Un système performant de gestion des données des patients constitue également une condition sine qua non », conclut l’étude.

 
 
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