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Un trio Thiry, Hansen, Levaux pour piloter Nethys

Les trois hommes seront présentés vendredi à l’assemblée générale de Nethys, pour en devenir administrateurs. Ils auront pour mission de remettre de l’ordre dans la société. Et de gérer l’éviction du management.

Info « Le Soir » - Temps de lecture: 4 min

Ils seront trois ! Un trio de « sages » pour gérer le conseil d’administration de Nethys, et déminer le terrain. C’est ce qui vient de se décider, en coulisses, apprend Le Soir à plusieurs sources. Elio Di Rupo (PS) et Willy Borsus (MR) étant notamment à la manœuvre.

Pour rappel, une assemblée générale de Nethys a été convoquée en urgence. Elle se tiendra ce vendredi, à midi. L’objectif de cette réunion est d’acter la démission de l’ensemble du conseil d’administration actuel, et de remplacer ce petit monde par de nouvelles têtes. Restait à trouver, extrêmement rapidement, les candidats du renouveau. Ceux qui vont prendre la place du président Pierre Meyers, de François Fornieri, et des six autres administrateurs.

Les téléphones ont chauffé. Des rencontres ont eu lieu. Et un trio se dégage, qui a marqué son accord de principe pour reprendre le conseil d’administration, moyennant l’accord de l’assemblée générale, évidemment. Il y aura, dans l’ordre alphabétique, Jean-Pierre Hansen, Laurent Levaux, et Bernard Thiry. Lequel parmi ces trois sera président, n’est pas encore déterminé. Des profils industriels, de capitaines d’entreprise. Et un mélange assez subtil d’équilibres entre différentes tendances politiques. Et entre Liégeois et non-Liégeois.

Trois profils complémentaires

Jean-Pierre Hansen, c’est l’ancien patron d’Electrabel. Proche de Jean-Claude Marcourt (PS), il préside aujourd’hui encore le conseil d’administration de l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur). Il a également été nommé président du comité de pilotage RER par le ministre fédéral François Bellot (MR) en 2017, dont il vient de suspendre le travail, faute de combattants. Et, pour compléter la palette politique, il a démarré sa carrière au cabinet du ministre CDH (PSC) André Oleffe aux Affaires économiques. Notons que l’homme a une fibre liégeoise prononcée, notamment parce qu’il a fait ses études d’ingénieur à l’institut Montefiore (ULiège).

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Laurent Levaux, lui, est président du CA d’Aviapartner, société de services aéroportuaires qu’il a dirigée de 2008 à 2016. Etiqueté MR, ce Liégeois siège sur quota libéral au sein de différents CA d’entreprises publiques, comme bpost, FN Herstal et Proximus. A Liège, on le dit proche du ministre Pierre-Yves Jeholet. Il a fait savoir il y a quelques jours qu’il était candidat au rachat des Editions de L’Avenir avec un consortium réuni autour d’IPM (La Libre, La DH). Donc candidat au rachat d’une filiale de Nethys.

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Enfin, Bernard Thiry est l’ancien patron d’Ethias, historiquement proche du nouveau ministre-président wallon Elio Di Rupo. Bernard Thiry connaît aussi bien l’entreprise Nethys. Il a en effet été appelé à la rescousse en 2018 pour prendre la présidence de Resa, le gestionnaire de réseau du groupe liégeois Publifin/Enodia. C’est lui qui a copiloté la sortie de Resa du giron de Nethys, pour la loger directement sous le contrôle de l’intercommunale Enodia. Son arrivée dans Nethys impliquera sa démission de Resa, ces deux mandats étant incompatibles. Notons enfin qu’il a été cité dans l’affaire de la « pergola », tout comme Stéphane Moreau. En 2018, la chambre du conseil a toutefois prononcé un « non-lieu », mais le parquet a annoncé qu’il ferait appel.

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Pas vocation à rester trois

Ces trois hommes seront les premiers à intégrer le nouveau conseil d’administration de Nethys. Ils ont pour mission de s’entourer de quelques administrateurs supplémentaires. Ils devront aussi gérer les licenciements du management, dont celui de l’emblématique administrateur-délégué Stéphane Moreau. Et partir dans la foulée à la recherche d’un nouveau patron, car aucune de ces trois figures n’a l’intention de gérer l’opérationnel, entend-on à plusieurs sources.

Enfin, il leur reste à gérer l’épineux dossier des ventes des actifs. Faire ou défaire ? Privatiser ou pas ? On n’en est évidemment pas là, les trois hommes devant avant tout prendre connaissance des dossiers.

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5 Commentaires

  • Posté par PAEME FREDERIC, jeudi 10 octobre 2019, 7:14

    Une immense toile d'araignées de laquelle ils vont avoir beaucoup de mal à sortir... Et puis tous les copains et obligés qui savent beaucoup de choses mais qui ne diront jamais rien... Ça fait penser à une certaine organisation italienne... Mais sans morts...

  • Posté par Dechamps Pascal , mercredi 9 octobre 2019, 22:52

    Chaque jour qui passe : back to reality (ter).

  • Posté par Pablos Gino, mercredi 9 octobre 2019, 21:40

    et encore une fois la politique prime,il est proche de celui si ,intime d'un autre,mais bordel de m.... y aurait il moyen de mettre en place des gens compétents ,intègres, qui doivent leur job à la somme de leurs connaissances et pas à la carte de parti qu'ils ont en poche.

  • Posté par Lambotte Serge, mercredi 9 octobre 2019, 19:41

    Ici c'est la, meilleure de l'année: lisez la suite: Pourquoi Bernard Thiry, le patron d'Ethias, a-t-il été forcé à la démission ? La véritable raison, dit-on du côté du conseil d'administration du groupe, ce sont les tensions au sein du comité de direction qui commençaient à fragiliser l'entreprise. L'affaire Pergola Ce mardi, le conseil d'administration d'Ethias a tenu deux réunions. La première s'est penchée sur le cas de Bernard Thiry afin d'examiner sa position suite à l'affaire "Pergola". En 2010, un arbre situé sur le terrain de Stéphane Moreau (le patron de Nethys) tombe chez un voisin et cause pour plus de 50.000 euros de dégâts. Mais Stéphane Moreau n'est pas assuré contre ce risque. Il apparaît alors qu'un contrat d'assurance antidaté est signé avec Ethias. Le parquet de Liège est saisi de l'affaire. Stéphane Moreau et huit membres du personnel d'Ethias, dont Bernard Thiry, sont renvoyés en correctionnelle. Mais mardi, les administrateurs d'Ethias ont cependant estimé que l'honorabilité de Bernard Thiry n'était pas entachée, à ce stade, par cette affaire et qu'il restait "fit and proper" pour diriger le groupe.

  • Posté par Surmont Willy, mercredi 9 octobre 2019, 19:28

    Et avec quels traitements??? Si c'est pour retomber dans ce piège au pognon, ça ne valait pas la peine de changer pour faire plus propre!!

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