«Erdogan doit payer»: l’offensive turque en Syrie fermement condamnée par plusieurs pays

La Turquie a lancé mercredi une offensive dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde soutenue par les Occidentaux dans la lutte antidjihadistes, après que le président américain Donald Trump a paru laisser le champ libre à Ankara.

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Le déclenchement de l’offensive a été fermement condamné par plusieurs pays qui craignent un chaos susceptible de donner une chance de rebond aux éléments dispersés de l’EI et qui plonge dans l’incertitude le sort des djihadistes prisonniers des YPG.

Le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, a lui appelé les pays européens à « reprendre » leurs ressortissants ayant intégré les rangs de l’EI et aujourd’hui détenus par les forces kurdes.

Paris, qui a « très fermement » condamné l’incursion turque, a immédiatement saisi le Conseil de sécurité de l’ONU.

Le silence de Donald Trump

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé l’arrêt de l’offensive, pendant que l’Allemagne a estimé que l’opération risquait « de provoquer une résurgence » du groupe terroriste Etat islamique.

Aux Etats-Unis, alors que le président Trump entretient le flou, un poids lourd des Républicains et proche du dirigeant milliardaire, Lindsey Graham, a vivement dénoncé l’opération d’Ankara.

« Priez pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés », a-t-il écrit sur Twitter. « Je vais mener les efforts aux Congrès pour qu’Erdogan paie très cher ».

Le président russe Vladimir Poutine, avec lequel M. Erdogan entretient une étroite relation personnelle, avait invité, avant le déclenchement de l’offensive, son homologue turc à « bien réfléchir ».

« Nombreuses victimes »

Côté ONG, Amnesty international a souligné que « à la fois les forces turques et kurdes » avaient, « dans le passé, mené des attaques aveugles en Syrie » ayant « fait de nombreuses victimes parmi les civils ».

Lynn Maalouf, sa directrice des recherches sur le Moyen-Orient, a exhorté à faire en sorte que « cela ne se reproduise pas ».

Le pouvoir de Bachar al-Assad s’est engagé à « contrecarrer toute agression » de la Turquie, se disant prêt à « accueillir dans son giron » la minorité kurde.

 
 
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