Tensions à l’Union wallone des entreprises: Di Rupo prend parti pour Jacques Crahay

Le ministre-président wallon, un soutien de poids.
Le ministre-président wallon, un soutien de poids. - Belga.

C’était à attendre. La sortie controversée du président de l’Union wallonne des entreprises (UWE), Jacques Crahay, d’une part sur l’enjeu climatique (et le fait que l’économie ne doit pas « dicter sa loi »), et d’autre part sur les tensions internes à l’organisation, a en effet fait partie des temps forts de l’assemblée générale, mercredi soir.

On s’attendait moins à ce que le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, s’immisce dans le débat. Qualifiant Jacques Crahay de « visionnaire » et citant certaines de ses interventions, le socialiste y est allé crescendo. D’un « La bataille contre le changement climatique nous impose un basculement vers de nouveaux modes de production », il est rapidement monté en puissance pour finir sur le fait qu’un « nouveau paradigme économique s’impose à nous. L’époque de maximisation du profit se termine ».

L’administrateur délégué de l’UWE, Olivier de Wasseige, a quant à lui estimé qu’il était possible d’avoir à la fois « une croissance respectueuse du milieu et génératrice des moyens nécessaires à assumer le financement de nos besoins ». « On peut réussir à combiner croissance économique avec respect de l’environnement », a-t-il dit.

Visiblement ému par le soutien d’Elio Di Rupo, Jacques Crahay a dit ne pas vouloir répondre, avant de donner un discours sans vagues sur l’innovation. Dans l’assemblée, les avis étaient partagés, l’intervention du président de l’UWE aurait été l’occasion de faire amende honorable pour certains, alors que pour d’autres, elle avait convaincu qu’il était capable de parler au nom de l’ensemble de ses membres, sans clivage (ce dont il était accusé après sa sortie dans L’Echo).

Une discussion à venir

Personne ne s’avançait, dans nos interlocuteurs, sur son avenir à la présidence de l’UWE, mais les tensions restaient palpables. Vraisemblablement, il aura à s’expliquer avec les instances de l’organisation patronale. Beaucoup s’attendent à ce qu’il reconnaisse avoir fait une erreur en révélant dans la presse que son premier discours à ce poste avait dû être réécrit plusieurs fois et vidé des trois quarts de son contenu, ou encore que certains avaient voulu le « dégommer ». Il ne tient d’ailleurs plus à s’exprimer sur la forme. La plupart de nos interlocuteurs pensent aussi qu’il acceptera « de rentrer dans le rang ». Reste à voir si cela suffira à ceux qui, à en croire le principal intéressé, voulaient le remplacer bien avant cet épisode explosif. Une fois le brouhaha dissipé, le débat de fond devrait pouvoir avoir lieu. « Il faut sortir par le haut », nous glisse un membre. Car finalement, l’enjeu de sa sortie était bien là.

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