Offensive turque en Syrie: le bilan passe à quinze morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme

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De la fumée s’élève de la ville de Ras al-Ain.
De la fumée s’élève de la ville de Ras al-Ain. - Reuters

Les premières heures de l’offensive terrestre et aérienne turque dans le nord-est de la Syrie de mercredi ont déjà coûté la vie à au moins quinze personnes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui est basé en Grande-Bretagne. Parmi elles figurent huit civils, dont deux enfants.

Les autres morts sont des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel-Rahman, à l’agence de presse allemande DPA.

Plus de quarante autres personnes, dont treize civils, ont été blessées.

Les médias pro-kurdes du Rojava ont fait état de cinq civils tués, citant des forces de sécurité kurdes.

La Belgique condamne l’offensive turque en Syrie et saisit le Conseil de sécurité de l’ONU

Par Belga

La Belgique condamne l’offensive turque en Syrie et saisit le Conseil de sécurité de l’ONU

La Belgique condamne les opérations en cours dans le nord-est de la Syrie, a indiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, en commission de la Chambre. Plus tôt dans la journée, elle avait appelé à la retenue et demandé qu’il n’y ait pas d’invasion.

Donald Trump sur l’offensive turque en Syrie : « Les Etats-Unis n’approuvent pas cette attaque »

La Belgique a demandé avec la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne l’inscription en urgence de ces événements à l’ordre du jour de la réunion du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

« L’urgence, maintenant, c’est le Conseil de Sécurité. C’est là qu’il est possible d’avoir une véritable réaction car c’est là que les problèmes de sécurité se règlent », a-t-il dit en réponse aux questions des députés.

La Turquie sous pression

Plusieurs d’entre eux ont réclamé des actions à l’échelon européen et de l’OTAN. Le député Samuel Cogolati (Ecolo) plaide à ce titre pour la suspension de toute forme de coopération militaire avec la Turquie, membre de l’OTAN, et l’adoption de sanction européennes.

Le chef de la diplomatie belge n’a rien exclu mais ne s’est pas engagé dans une telle voie pour le moment. « Nous essayons d’avoir une position commune au niveau de l’Union européenne. Ce n’est pas encore le cas », a-t-il constaté.

Devant le parlement européen, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a toutefois déjà appelé la Turquie à faire preuve de retenue et à mettre fin aux actions militaires en cours. Une réunion du Conseil Affaires étrangères est prévue lundi à Luxembourg.

Quel que soit le groupe politique à s’exprimer, l’heure était à l’indignation devant les opérations militaires turques ainsi que le retrait américain de la région. En filigranes, se dessinait aussi la question d’une interposition militaire impliquant des pays européens, dont la Belgique.

« Plus que des mots »

Il faudra « plus que des mots », a averti le chef de groupe N-VA, Peter De Roover. « Il faut tirer les conséquences de notre indignation. On ne peut plus éviter ce débat », a-t-il ajouté.

Mardi, en séance plénière, Georges Dallemagne (CDH) et Christophe Lacroix (PS) avaient également emprunté cette voie, le premier jugeant que la Belgique « pourrait faire plus », le second qu’il faudrait « un engagement plus fort de notre pays ».

La Belgique a déjà participé à des opérations dans la région, d’abord en Irak avant d’étendre son action à la Syrie, par le biais de chasseurs-bombardiers F-16 opérant depuis la Jordanie.

« Mais avec une demande très claire du parlement : pas de présence de nos militaires sur le sol syrien », a précisé M. Reynders.

Si le royaume, dans un cadre européen, devait participer à une force d’interposition dans le nord-est de la Syrie, il faudra sans doute modifier cette règle. « C’est un débat qui devra avoir lieu aussi au parlement. Si on plaide pour une action européenne, nous ne serons pas très convaincants si l’on annonce dès le départ qu’on ne sera pas présent sur le terrain », a fait remarquer le chef de la diplomatie.

 
 
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