Fédération Wallonie-Bruxelles: un déficit de 708 millions en 2020

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Caroline Desir, Frederic Daerden et Pierre-Yves Jeholet.
Caroline Desir, Frederic Daerden et Pierre-Yves Jeholet. - Belga

Le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (PS-MR-Ecolo) a terminé ses travaux budgétaires, à savoir l’ajustement du budget 2019 et le budget initial pour 2020. Sur une enveloppe globale qui tourne autour des 11 milliards, les constats effectués par les ministres au cours de leur conclave ne sont guère réjouissants : le déficit pour 2019 passe de 192 à 508 millions et l’initial pour 2020 plonge jusqu’à 708 millions.

Commentaire de Frédéric Daerden (PS), le ministre du Budget : « On s’attendait à ce genre de résultats, mais c’est tout de même moins bon que ce que nous avions espéré au cours des négociations de majorité. Les paramètres macroéconomiques qui expliquent cette dégradation (inflation, croissance) ont encore tiré les chiffres à la baisse à concurrence de 130 millions entre août et septembre. »

Une forte hausse des dépenses

Les dépenses sont annoncées en forte hausse pour 2020 : plus 375 millions par rapport à l’ajusté 2019. Il s’agit surtout de l’indexation des traitements en mars prochain (100 millions), des dépenses liées au personnel enseignant (40 millions), des moyens affectés au pacte d’excellence (60 millions) ou de l’indexation des financements aux secteurs (70 millions).

Pierre-Yves Jeholet (MR), le ministre-président, fixe cependant les limites de l’exercice : les travaux budgétaires de ce début d’automne ont surtout relevé de l’état des lieux de début de législature. Pas moins de 1.200 lignes budgétaires ont été passées au crible. Pour les véritables choix politiques, il faudra attendre le mois d’avril et l’ajustement de l’initial 2020 qui traduira les ambitions de la nouvelle majorité.

La « clé élève » défavorable

Il faudra aussi tenir à l’œil la répartition par le fédéral de la dotation TVA qui s’établit selon une « clé élève » plutôt défavorable aux francophones ces derniers temps : « L’intérêt des familles bruxelloises pour l’enseignement néerlandophone pèse sur nos rentrées budgétaires », insiste Frédéric Daerden.

Reste que démarrer cinq années de gouvernement avec un trou de plus de 700 millions, cela peut donner froid dans le dos : « A l’inverse de la Wallonie et de la Flandre, il n’est pas question d’engager une trajectoire qui nous conduirait au retour à l’équilibre en fin de législature. Il n’est pas question non plus de laisser filer le déficit, mais nous ne voulons pas désinvestir dans les politiques essentielles. Avec une charge annuelle de 200 millions sur un budget de 11 milliards, notre endettement reste raisonnable. »

Les frais de déplacement 2017 - 2018

Comme pour faire preuve de sa bonne volonté, l’arc-en-ciel ouvre les robinets dans trois directions. Deux provisions de 5 millions sont inscrites au budget 2020 en guise d’« amorce de refinancement » de l’enseignement supérieur. Une enveloppe de 6,8 millions aidera à la mise en place de Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE), le pouvoir organisateur des écoles de la Fédération. Enfin, 8 millions serviront à financer les frais de déplacement des enseignants qui n’avaient pas pu être honorés en 2017 et 2018, faute de trésorerie…

Un conclave wallon début novembre

Par E.D.

Le 15 octobre, la Belgique doit faire parvenir son épure budgétaire pour 2020 à la Commission européenne. La Fédération Wallonie-Bruxelles a tenu à être fidèle au rendez-vous. En Wallonie, c’est une tout autre histoire : l’ajustement du budget 2019 (impossible au printemps faute de majorité) et le budget initial pour 2020 feront l’objet d’un conclave budgétaire qui se tiendra du 4 au 7 novembre prochains. Les débats en commission devraient avoir lieu à partir du 9 décembre, puis la plénière du parlement serait saisie avant Noël, très au-delà de l’échéance du 15 octobre donc.

Problème ? Ce calendrier « à la mode wallonne » n’inquiète pas outre mesure le cabinet de Jean-Luc Crucke (MR), le ministre du Budget. Ce vendredi, une note a quitté Namur qui reprend les grands équilibres chiffrés nés des négociations de majorité entre le PS, le MR et Ecolo. Le fédéral et la commission devront s’en contenter. Détails suivront.

8 millions pour les frais de déplacement 2017-2018

Par E.D.

Un exemple de la grande misère de la Fédération ? Parmi les signes positifs lancés par le gouvernement, il y a cette somme rikiki de 8 millions accordée aux écoles. Pour être plus précis, on parle de deux fois 4 millions, les premiers pour l’exercice 2019 et les seconds pour 2020. Il s’agit de résorber l’encours des frais de déplacement des enseignants, autant de droits constatés qui n’auront pas d’impact sur les budgets concernés.

Que s’est-il passé ? « Chaque année, le budget de la Fédération prévoit une somme de 10,5 millions pour assurer le remboursement aux écoles des frais de déplacement accordés aux professeurs », explique la ministre Caroline Désir (PS). « En 2017 et 2018, la Fédération a rencontré de gros problèmes de trésorerie : à deux reprises, il a manqué quatre millions pour faire face aux engagements. Nous allons rattraper le retard pour repartir sur de nouvelles bases. » Un groupe de travail sera mis en place afin qu’un tel dysfonctionnement ne se présente plus.

 
 
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