Laïcité: «L’appel de Liège»

Laïcité: «L’appel de Liège»
rodenbach

Dans un monde devenu village planétaire, nos sociétés font face à des défis socio-économiques inédits au rang desquels dominent les enjeux migratoires, climatiques et numériques.

Par ailleurs, des progrès notamment éthiques tenus pour acquis sont remis en cause par des courants politiques extrémistes ou dogmatiques religieux qui agissent d’une façon de plus en plus décomplexée. En Europe et dans le monde, les droits fondamentaux, produits de petites victoires ou de grandes révolutions, demeurent fragiles.

Cette conjonction nous oblige à une vigilance constante.

La Laïcité se fonde sur le principe d’impartialité des pouvoirs publics et assure à toutes et tous l’exercice des droits et libertés indépendamment de l’origine, des convictions, croyances ou toute autre distinction. Ce principe fondateur de la démocratie, élément essentiel d’une coexistence pacifique, a vocation à trouver, partout dans le monde, une place au cœur des valeurs fondamentales.

Elle est indissociable des libertés pour soi-même et autrui. Elle assure un cadre commun qui permet à chacune et chacun d’exercer un libre examen et de se décider en toute autonomie.

La Laïcité lutte contre les discriminations, pour l’égalité et la mise en œuvre de politiques solidaires qui assurent la cohésion sociale et l’émancipation des citoyens par l’accès aux savoirs.

Fruit d’une révolution des mentalités qui prit naissance au 18e siècle, la Laïcité comme principe d’organisation de l‘État se révèle indispensable au développement d’un système politique démocratique. Garant des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, l’État laïque protège celle de croire, ne pas croire ou changer de conviction.

Elle postule l’articulation du lien social en dehors de tout déterminisme et le pouvoir des êtres humains à se diriger eux-mêmes.

Parce que le principe de Laïcité instaure et protège les valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité, parce qu’il permet la coexistence paisible des opinions et conceptions philosophiques ou religieuses, parce que la Laïcité n’est pas une option ou une opinion parmi d'autres, mais bien la condition qui rend possible la vie en commun dans le respect de toutes et tous et qu’elle fournit une réponse de portée universelle indépendante de tous les particularismes, les signataires en appellent solennellement à considérer la Laïcité comme une exigence démocratique essentielle.

Ils invitent les autorités publiques de tous les continents à affirmer leur adhésion à son principe et à défendre son inscription dans les Constitutions nationales et les traités internationaux.

Le monde de demain appartiendra à la jeunesse d’aujourd’hui. Protégeons les conquêtes du passé et promettons-lui un avenir.

L’appel peut être signé sur http://50ans.laicite.be/

Les signataires : Henri Bartholomeeusen (président du Centre d’Action Laïque), Isabelle Allende Bussi (présidente du Sénat du Chili), Jean Ziegler (vice-Président du comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies), Mokhtar Trifi (Prix Nobel de la Paix, vice-Président de l’Organisation mondiale contre la torture), Marco Capatto (ancien euro député), Karl-Heinz Lambertz (président du Comité des régions de l’Union européenne), Giulio Ercolessi (président de la Fédération humaniste européenne), Andrew Copson (président de Humanists International), Joan-Francesc Pont Clemente (professeur de droit à l’Université de Barcelone), Max Bojarski (Congrès de la Laïcité), Peter Zangl (membre du comité exécutif de l'Organisation mondiale contre la torture), Henri Pena-Ruiz (philosophe, écrivain), Zineb el Rhazoui (Marianne Jacques France 2019), Chafik Chraibi (président de l’association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin), Ensaf Haidar (présidente de la Fondation Raif Badawi), Danny Singoma (président de la Maison de la Laïcité de Kinshasa), Djemila Benhabib (politologue et écrivaine), Rony Kasrils (ancien ministre de Nelson Mandela), Christiane Hessel, Jeremy Lester, Paul Magnette (bourgmestre de Charleroi), John Crombez (président du SP.A), Olivier Chastel (député européen), Olivier Maingain (président de Défi), Evelyne Huytebroeck (membre du comité du Parti Vert européen), Habib Kazdaghli (professeur à l'université de la Manouba), Riccardo Petrella (fondateur du Comité international pour un contrat mondial de l'eau), Natacha Polony, (directrice de la rédaction de Marianne), Boualem Sansal (essayiste, écrivain), Mohamed Louizi, (essayiste), Aadel Essaadani (ancien coordinateur général de l’association Racines), Freddy Mortier, (président, De Mens.nu), Paco Ibañez (artiste), Elio Di Rupo (ministre-président de Wallonie, président du Parti socialiste), Oliviero Toscani (photographe), Philippe Busquin (ancien commissaire européen, ancien président du Parti socialiste), Sophie Rohony (députée fédérale Défi), François De Smet (député fédéral Défi), Richard Miller (ex-Ministre de la culture, directeur de la revue Ulenspiegel), Willy Demeyer (bourgmestre de Liège), Philippe Close (bourgmestre de Bruxelles), Jean-Claude Marcourt (président du Parlement wallon, ancien ministre socialiste), Daniel Bacquelaine (ministre du Gouvernement fédéral, ancien député fédéral MR), Julia Sanjuan (archéologue), Michael Irwin (ancien directeur médical aux Nations Unies), Luisa Morgantini (ancienne vice-présidente du Parlement européen), André Comte-Sponville (écrivain, philosophe), Pierre Galand (ancien président du Centre d’Action Laïque), Arnaud Zacharie (secrétaire général du Centre national de coopération au développement), Christine Mahy (secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté), Patrick Pelloux (médecin urgentiste et écrivain), Habib Giuza (président de l'association Mohamed Ali de la culture ouvrière), Ménotti Bottazzi (groupe Solidarité Paix au Moyen Orient), Daniel Sotiaux (président de la Fondation Henri Lafontaine), Jacqueline Herremans (présidente de l’Association belge pour le droit de mourir dans la dignité), Frédéric Daerden (vice-président et ministre du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles), Eric Favey (vice-président de la Ligue française de l’Enseignement, Manel Msalmi (journaliste, militante féministe et laïque), Céline Pina (chroniqueuse, fondatrice de Viv(r)e la République), Yvon Englert (recteur de l’ULB), Jean Leclercq (philosophe et membre de l’Académie royale de Belgique, Laurette Onkelinx (présidente de la Fédération bruxelloise du Parti Socialiste, Henri Eisendrath (professeur émérite à la VUB), Guy Haarscher (philosophe), Jonathan De Lathouwer (vice-président CCOJB), Edouard Delruelle (professeur de philosophie politique), André Frédéric (chef du groupe PS au Parlement de Wallonie, sénateur (Belgique), Karine Lalieux (présidente du CPAS de Bruxelles), Joseph Sengo Nguala, Bernard Rey (professeur à l'ULB), Philippe Bataille (sociologue), Philippe Dubois (recteur de l’UMons), Anne-France Ketelaer (directrice générale De Mens.nu), Catherine Kintzler (philosophe, professeur honoraire Université de Lille), Guillaume Lecointre (enseignant-chercheur, professeur du Muséum national d'Histoire naturelle), Kaja Bryx (vice-présidente de la Fédération humaniste européenne et présidente de l’Association rationaliste polonaise), Pascal Blanchard (historien, codirecteur du groupe de recherche Achac), Philippe Meirieu (pédagogue), François Dubet (professeur émérite à l’Université de Bordeaux), Wim Distelmans (oncologue et professeur en médecine palliative à la VUB), Sonja Snacken (juriste et criminologue, professeur en criminologie à la VUB), Rémy Richelet (président de l’Association Esprit Laïque), André Gomar (président de l’observatoire de la laïcité de Saint Denis), Sémira Tlili (présidente de l’association #Reseau1905), Naëm Bestandji (blogueur, militant féministe et laïque) Christie Morreale (vice-présidente du Gouvernement wallon), Paul Jorion (anthropologue, sociologue et essayiste), Bérangère Taxil (juriste, professeur à l’Université d’Angers), Dounia Benslimane (activiste culturelle, directrice de l’association Racines), Sam Touzani (artiste-citoyen), Philippe Raxhon (historien, professeur à l'Université de Liège), Jérôme Jamin (professeur en sciences politiques, Université de Liège), Jean-Pierre Sakoun (président du Comité Laïcité République)

 
 
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