Catalogne: Puigdemont dénonce «une stratégie de répression et de vengeance de l’Espagne»

Catalogne: Puigdemont dénonce «une stratégie de répression et de vengeance de l’Espagne»
AFP

L’ancien président du gouvernement catalan Carles Puigdemont a estimé lundi que la condamnation de neuf indépendantistes catalans à des peines allant de neuf à 13 ans de prison confirme une stratégie de « répression » et de « vengeance » de l’Etat espagnol. La sentence « condamne en outre plus de deux millions de personnes qui ont rendu possible le référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017 », déclaré illégal par la justice espagnole, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse depuis Bruxelles.

La Cour suprême espagnole a condamné lundi matin neuf dirigeants indépendantistes catalans à des peines allant de neuf à 13 ans de prison pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. La justice a de plus lancé un nouveau mandat d’arrêt international contre Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique. « La décision de la Cour suprême contre des membres du gouvernement, du Parlement et des principales entités sociales de Catalogne confirme la stratégie de répression et de vengeance à l’encontre de tous les citoyens qui ont cherché la voie de la démocratie pour rendre possible leur volonté », a déclaré l’ancien président catalan lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Une mobilisation non violente

La sentence « condamne les plus de deux millions de personnes qui ont rendu possible le référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017 », déclaré ensuite illégal par la justice espagnole, a ajouté M. Puigdemont. Le leader indépendantiste a appelé à une mobilisation non violente et a insisté sur le fait que le « statu quo régressif » ne saurait être accepté « en tant que Catalans ou en tant qu’Européens » et a appelé à une « réponse forte » à la décision prise lors des élections générales du 10 novembre prochain.

« Nous devons nous mobiliser et faire entendre notre voix. Il existe de nombreuses façons et toutes doivent être démocratiques et non violentes, comme toujours… et transformer les élections en une manifestation massive de rejet », a déclaré l’ancien président catalan.

L’attitude de l’Europe mise en cause

Carles Puigdemont a également mis en cause l’attitude de l’Europe, qu’il a accusée de « silence » face à la « violence », lors de la journée du 1er octobre 2017, « contre un peuple qui était sorti voter ». « Une Europe qui danse au son de l’Etat espagnol, ce qui empêche les représentants de plus de deux millions de citoyens européens de siéger au Parlement européen », a-t-il dénoncé. Le leader indépendantiste a insisté sur le fait que cette condamnation confirmait le « refus de l’Espagne d’articuler un dialogue » et que, face à cela, « nous devons nous mobiliser sans crainte ».

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Carles Puigdemont s’est exprimé devant la presse, sans que les journalistes puissent lui poser des questions, depuis Bruxelles. L’ancien président a en effet fui en Belgique en 2017 pour échapper à la justice espagnole. La Cour suprême espagnole a émis un nouveau mandat d’arrêt international et européen à son encontre lundi. Toni Comín, Lluis Puig et Meritxell Serret, d’anciens conseillers catalans qui ont également fui en Belgique, étaient à ses côtés lors de cette conférence de presse organisée au siège de la délégation du gouvernement catalan à Bruxelles.

 
 
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