Un Wallon sur trois est victime ou proche de la fracture numérique

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Un Wallon sur trois est victime ou proche de la fracture numérique
Belga

En Wallonie, la fracture numérique n’est plus ce qu’elle était. D’ordinaire, ce concept très répandu s’appliquait à distinguer ceux qui n’ont pas accès aux technologies informatiques et principalement à internet et aux réseaux sociaux. A l’échelle de la Belgique, ceux-là représenteraient aujourd’hui moins de 10 % de la population.

Mais au sud du pays, l’Agence régionale du numérique redistribue les cartes en s’appuyant sur un tout nouveau baromètre de maturité numérique des citoyens wallons. Autrement dit : quel est « le niveau d’adaptation des citoyens à la société numérique » ? Plus de 2.000 personnes ont répondu à un questionnaire sur l’équipement des ménages, les pratiques et les difficultés rencontrées dans l’usage quotidien.

Il ressort de cette étude que 20 % des Wallons sont victimes de la fracture numérique, nouvelle version : « La fracture numérique n’a pas disparu », développent les spécialistes de l’Agence du numérique. « Malgré le nombre croissant de personnes connectées ou plutôt “connectables”, l’importance toujours plus grande du numérique dans la société contribue à maintenir et même approfondir une fracture entre ceux qui maîtrisent ces outils et ceux qui ont des difficultés importantes à les mettre en œuvre. »

Désormais donc, c’est moins l’équipement que l’usage qui marque le fossé entre les deux catégories de la population, « branchés » et « non-branchés ». Aux 20 % de Wallons qui végètent dans la seconde catégorie, il convient encore d’ajouter 14 % de citoyens qui sont considérés comme des « usagers faibles » des technologies modernes de l’information et de la communication. Le compte est vite fait : on flirte en Wallonie avec les 33 % de personnes qui évoluent à la marge dans leurs rapports avec le numérique. Soit quand même un million d’habitants !

Qui sont-ils ? Contrairement à une idée largement répandue, les victimes de la fracture numérique ne sont pas forcément les personnes les plus désœuvrées ou les moins éduquées. Bien sûr, 70 % de ceux-là ont plus de 60 ans et 72 % sont des inactifs ou des retraités, ce qui n’est pas étonnant. Par contre, 49 % des « fracturés » ont mené des études secondaires complètes ou même des études supérieures tandis que 62 % affichent un revenu qu’ils estiment suffisant voire confortable.

Le fossé est aussi majoritairement féminin : 61 % des personnes à l’écart du monde numérique sont de sexe féminin, il en va de même pour 59 % des usagers faibles. En outre, lorsqu’elles sont interrogées sur leur sentiment de compétence à l’égard des développements numériques, les femmes ont tendance à considérer qu’elles sont moins à l’aise que les hommes : 51 % s’estiment compétentes contre 61 %. Même constat si l’on étudie l’âge des usagers : à peine 26 % des plus de 70 ans considèrent qu’ils maîtrisent bien ordinateurs et smartphones alors qu’ils sont 72 % dans ce cas entre 15 et 29 ans.

« Bien que de plus en plus de Belges soient en ligne, le pourcentage de la population disposant de compétences numériques de base et avancées n’augmente que lentement », constate l’étude. Les statistiques européennes prennent en compte la Belgique et pas la Wallonie, mais retenons toutefois ceci, qui permet de relativiser le constat général : à l’échelle de l’Union, 57 % de la population européenne dispose des compétences numériques de base alors que ce taux est de 69 % pour la Belgique. « Un chiffre qu’il est tentant de raccrocher aux 58 % de Wallons qui revendiquent des compétences dites médianes », concluent les spécialistes de l’Agence du numérique.

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