Brexit: l’accord déjà contesté par les indépendantistes nord-irlandais

Boris Johnson au milieu
Boris Johnson au milieu - AFP

Le parti unioniste nord-irlandais DUP, allié au Parlement britannique des conservateurs de Boris Johnson, a réaffirmé jeudi son opposition à l’accord négocié entre Londres et l’Union européenne. Le DUP a même annoncé qu’il ne voterait pas l’accord de Brexit, qui devrait être soumis au vote des députés samedi, rendant très incertaine son adoption par les députés.

Le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn, s’est également opposé à l’accord mis en place : « Cet accord ne rassemblera pas le pays et doit être rejeté. La meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot lors d’un vote populaire ». Pour Jeremy Corbyn cet accord est encore pire que les précédents mis sur pied par Theresa May.

L’europhobe Nigel Farage a tweeté que pour lui, « le nouvel accord n’est pas une Brexit ».

Un accord « juste et raisonnable », d’après les négociateurs

Le projet d’accord révisé sur le Brexit conclu entre les négociateurs britanniques et européens peut être approuvé dès ce jeudi par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, a estimé le négociateur des 27, Michel Barnier.

«Nous avons tout fait, y compris ces derniers jours pour qu’ils (les leaders européens, ndlr) soient en mesure d’apprécier positivement dès aujourd’hui le résultat de cette négociation», a affirmé Barnier lors d’une conférence de presse.

Etayant son propos, le négociateur français a souligné qu’il n’y avait pas «réellement de surprises» dans le texte «juste et raisonnable» agréé entre les deux parties.

Il y a, certes, «quelques éléments nouveaux, en particulier sur la frontière irlandaise et la déclaration politique», mais les Etats membres ont été constamment informés de ces évolutions au cours des derniers jours, tout comme le fut le Brexit steering group du Parlement européen, a-t-il précisé.

>Brexit: selon Jeremy Corbyn, l’accord serait «encore pire» que celui de Theresa May

La question des contrôles douaniers entre l’Irlande, membre de l’Union européenne, et l’Irlande du Nord, province britannique, après le divorce était la principale pierre d’achoppement des discussions.

Le compromis finalement trouvé établit des règles particulières pour les douanes concernant les marchandises arrivant en Irlande du Nord, qui reste dans le territoire douanier britannique, selon que celles-ci sont destinées à y rester ou à passer dans le marché unique européen.

Il met également en place un mécanisme de «consentement» des autorités nord-irlandaises sur la poursuite de l’application de certaines règles de l’Union européenne dans la province britannique, après une période de quatre ans suivant la mise en œuvre de l’accord.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, s’est, quant à lui, montré confiant dans sa capacité à obtenir le soutien de son Parlement samedi. « Nous avons un excellent nouvel accord qui reprend le contrôle », a tweeté le dirigeant conservateur, en référence aux promesses du camp « Leave » lors du référendum de juin 2016 de reprendre le contrôle de ses lois et de sa politique commerciale.

Jean-Claude Juncker de son côté a tweeté : « Là où il y a de la volonté, il y a un accord. Nous en tenons un ! C’est un accord équilibré et juste pour le Royaume-Uni et l’Union européenne. Il démontre notre engagement à trouver des solutions. Je recommande au Conseil européen de l’approuver. »

En cas de feu vert du Conseil et du parlement britannique, l’hémicycle européen pourrait lui se prononcer dès la semaine prochaine sur l’accord, ouvrant alors la voie à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 octobre.

 
 
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