Crise en Catalogne: 152 blessés vendredi soir à Barcelone

Crise en Catalogne: 152 blessés vendredi soir à Barcelone
Photo News

De violents affrontements entre militants indépendantistes radicaux et forces de l’ordre ont provoqué des scènes de chaos vendredi soir dans le centre de Barcelone après une manifestation pacifique monstre contre la condamnation des dirigeants indépendantistes. Après des heures de guerre de positions près du commissariat central entre radicaux lançant des pierres ou des objets métalliques et forces de l’ordre répondant par tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, les troubles se sont ensuite étendus au reste du centre-ville, ont constaté des journalistes de l’AFP.

De nombreux feux ont été allumés, notamment sur la Place de Catalogne en haut des célèbres Ramblas, et des barricades élevées dans de nombreuses rues par des centaines de manifestants masqués ou casqués, criant « les rues seront toujours à nous ». La police a aussi utilisé un canon à eau à leur encontre. Dans cette ville très prisée des touristes internationaux, la police régionale a conseillé en anglais sur son compte Twitter de « ne pas approcher » des zones du centre-ville en raison d’« actes violents et de sérieux incidents ».

Vers 23 heures, la situation « paraissait plus calme », selon un porte-parole de la police régionale, dans la ville dont se dégageait une forte odeur de fumée. Après des heurts lors du blocage de l’aéroport par plus de 10.000 personnes lundi, Barcelone avait déjà vécu des scènes de guérilla urbaine de mardi à jeudi, d’une magnitude moins importante que vendredi soir.

Nées de la frustration d’une partie de la base indépendantiste, deux ans après l’échec de la tentative de sécession de 2017, ces violences ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s’est toujours targué d’être non-violent. Selon un bilan du ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, avant que les violences ne s’exacerbent dans la soirée, 128 personnes ont été interpellées depuis le début de la mobilisation indépendantiste lundi tandis que 207 policiers ont été blessés.

Les violences qui ont provoqué des scènes de chaos à Barcelone vendredi soir ont fait 182 blessés dans l’ensemble de la Catalogne, ont annoncé samedi matin les services de secours. Uniquement à Barcelone, 152 personnes ont été blessées, ont indiqué les secours. Les autres manifestants blessés ont été recensés notamment à Gérone, Tarragone et Lérida.

525.000 manifestants

Avant que ces troubles n’éclatent, une manifestation monstre avait réuni 525.000 personnes, selon la police municipale, dans une ambiance festive, point d’orgue de la mobilisation entamée lundi contre la condamnation par la justice espagnole de neuf dirigeants indépendantistes à des peines de neuf à 13 ans de prison pour la tentative de sécession de 2017.

Avec pour mot d’ordre « Liberté », des colonnes de dizaines de milliers de séparatistes étaient parties mercredi de cinq villes de la région pour rejoindre Barcelone. « Cela fait des années que nous revendiquons (l’indépendance) avec beaucoup de patience et nous espérons que (cette mobilisation) sera le détonateur pour que la situation change », a déclaré David Blanco, un agent commercial de 56 ans.

Les indépendantistes ont aussi organisé une grève générale dont les effets étaient manifestes dans cette riche région pesant un cinquième du PIB espagnol. A Barcelone, la célèbre basilique de la Sagrada Familia a dû fermer ses portes tandis que l’opéra du Liceu a annulé sa représentation vendredi. La majeure partie des stands du marché de la Boqueria, très prisé par les touristes, et de nombreux commerces étaient fermés.

Le Clasico reporté

Le constructeur automobile Seat avait mis à l’arrêt son usine de Martorell près de Barcelone qui emploie plus de 6.500 personnes.

Les troubles en Catalogne ont aussi entraîné le report par la fédération de football du « Clasico » du 26 octobre entre Barça et Real Madrid, une des rencontres les plus visionnées sur la planète.

A moins d’un mois des quatrièmes élections législatives en quatre ans en Espagne, ces troubles ont mis le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez sous pression de la droite qui réclame des mesures exceptionnelles pour rétablir l’ordre.

De Bruxelles, M. Sanchez a répondu que l’Etat ne pouvait « pas se laisser entraîner à une réaction excessive », tout en assurant qu’il n’y aurait « aucune impunité face aux actes de vandalisme ».

En Catalogne, la question de l’indépendance divise la population en deux. D’après un sondage rendu public en juillet par le gouvernement régional, 44 % de la population y est favorable et 48,3 % opposée.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Aux éditions Weyrich, Hugues Wenkin et Christian Dujardin réexpliquent l’importance du front nord dans l’issue de la bataille des Ardennes. © Dominique Duchesnes.

    75 ans de la bataille des Ardennes: pourquoi ce fut aussi la bataille des ponts

  2. Les avocats d’Albert II, Me Alain Berenboom et Me Guy Hiernaux

    L’avocat d’Albert II sort du silence: «Il n’a jamais considéré Delphine comme sa fille»

  3. Les racines de Pierre Wynants sont place Rouppe, où la prodigieuse cave compte pas moins de 25.000 bouteilles. Son petit-fils Loïc y travaille en salle et comme sommelier.

    Les racines élémentaires de Pierre Wynants: «J’ai été viré de l’école, ça a été ma chance»

La chronique
  • Champagne ou Kidibul?

    Chez Elio D., on se frotte les mains. Le fils prodige a jeté l’éponge. C’est pas demain la veille qu’on effacera des tablettes le joli nom du dernier premier ministre socialiste wallon. Le dernier et peut-être l’ultime comme le lui a promis Père Noël – dont les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

    Chez Paul M., on débouche aussi le Kidibul. Pendant un mois de mission royale, le fiston a prouvé, à défaut de mettre sur pied un gouvernement, qu’il était désormais le seul chef rouge et même qu’il occupait tout l’espace francophone.

    Rue de Naples, avec l’arrivée du fils prodigue, on se prépare à tuer le veau gras. Grâce à lui, les Bleus ont retrouvé leurs couleurs. Président, informateur, tout s’emballe. Dans la foulée, il a déjà promis au roi de glisser sous son sapin, un gouvernement pesé, emballé (cadeau) et ficelé. Georges L.B. en sera à la fois le Premier, comme son papa Charles M., et le vice-Premier et ministre des Affaires étrangères, comme son oncle Didier....

    Lire la suite

  • Le roi, l’enfant et la justice

    A l’entame de la procédure, lorsqu’en 2013 Delphine Boël saisit les tribunaux pour contester la paternité de Jacques Boël et se faire reconnaître fille d’Albert II, d’aucuns se sont interrogés sur l’indépendance de la Justice dans pareil contexte : un ex-Roi traîné devant les juges pour se voir contraint de reconnaître l’existence d’une fille naturelle présumée. Lesdits juges oseraient-ils tenir tête à ce roi venant d’abdiquer, le forcer à réaliser un test...

    Lire la suite