Des Unes noircies pour les journaux australiens dénonçant l’érosion de la liberté de la presse

Des Unes noircies pour les journaux australiens dénonçant l’érosion de la liberté de la presse
AFP

Les Unes des quotidiens australiens étaient noircies lundi pour réclamer une meilleure protection de la liberté de la presse dans le pays, secoué il y a peu par des perquisitions visant les médias.

Les premières pages des plus grands quotidiens étaient toutes biffées de noir dans le cadre d’une campagne menée par une vingtaine de médias et syndicats pour exiger du gouvernement des réformes législatives garantissant la liberté de la presse.

La campagne «Your right to know» (votre droit de savoir, en français) avait débuté dès dimanche soir avec des spots télévisés interrogeant les spectateurs avec la question: «Quand le gouvernement vous cache la vérité, qu’est-ce qu’il vous cache?».

Le Sydney Morning Herald exige lundi une «réforme significative pour mettre fin à la suppression d’information» et un autre grand quotidien, The Australian, déplore «une attaque soutenue contre les droits des journalistes». Celui-ci relève que depuis 2002, 75 lois fédérales ont été introduites au nom de la protection de la sécurité nationale, amenuisant aussi les possibilités de couvrir le processus décisionnel dans le pays.

«C’est sans précédent de voir la Une de tous les journaux soulevant le même problème auquel nous sommes confrontés, car ceci est grave, c’est très grave pour tous les Australiens, pas seulement pour les médias, or c’est notre job de servir notre communauté», commente Michael Miller, directeur exécutif de News Corp Australasia, appartenant à la famille de Rupert Murdoch.

L’industrie des médias formule six demandes claires au Premier ministre conservateur Scott Morrison et vise particulièrement la protection des lanceurs d’alerte, et un assouplissement de la loi sur la diffamation, une des plus strictes au monde.

Cette mobilisation des rédactions australiennes, répond entre autres à des perquisitions très critiquées en juin dernier dans les locaux du média public ABC et au domicile d’une journaliste de News Corp à Canberra. Celles-ci pourraient donner lieu à des poursuites judiciaires contre trois reporters. Ce sont «des attaques portées à la liberté de la presse en Australie mais elles ne représentent que la partie émergée de l’iceberg», critique Paul Murphy, chef du syndicat Media Entertainment and Arts Alliance.

Le Premier ministre a assuré que son gouvernement croirait toujours en la liberté de la presse, ajoutant aussi qu’il croit «en l’Etat de droit et que personne n’est au-dessus, ni moi ou qui que ce soit, ou les journalistes».

Au classement mondial de la liberté de la presse en 2019, l’Australie est placée 21e, la Belgique 9e en 2019, dans un index dominé par la Norvège, la Suède et la Finlande.

 
 
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