Le flop de la «marche noire» contre Dutroux

Plusieurs centaines de personnes, 400 selon la police, ont manifesté dimanche à Bruxelles pour réclamer l’enfermement à vie des auteurs de crimes sexuels sur enfants, au moment où la justice rouvre le dossier ultra-sensible de Marc Dutroux.

«Pas de liberté pour les bourreaux d’enfants», «Dutroux reste au trou!», pouvait-on notamment lire sur des banderoles brandies lors du défilé, auquel participaient de nombreux parents avec enfants.

L’appel à cette «Marche noire», la couleur du deuil, avait été lancé sur Facebook par un collectif de citoyens s’insurgeant contre une éventuelle libération conditionnelle de Marc Dutroux, après 23 ans d’incarcération.

En 2004, huit ans après son arrestation, Dutroux avait été condamné à la prison à perpétuité pour le rapt, la séquestration et le viol de six fillettes et jeunes filles en 1995 et 1996, ainsi que la mort de quatre d’entre elles — deux assassinées et deux mortes de faim.

La justice belge a rouvert le dossier pour se pencher sur la dangerosité de Dutroux, sa santé mentale et le risque de récidive. Elle a été saisie par ses avocats qui se sont fixé l’objectif de faire sortir Dutroux de prison à l’horizon 2021, au bout de 25 ans d’incarcération.

Etape sur ce long chemin, une audience s’est tenue jeudi devant le Tribunal de l’application des peines (TAP) de Bruxelles, lors de laquelle le parquet s’est dit favorable à ce qu’une expertise psychiatrique soit réalisée par un collège de médecins. La décision des juges du TAP est attendue le 28 octobre.

«Je ne pense pas que les violeurs se réparent, je pense qu’ils peuvent recommencer et que, s’il y a récidive, on est tous responsables d’avoir laissé sortir quelqu’un», a affirmé dimanche une manifestante à la chaîne belge RTL-TVI.

Les cinq juges du TAP doivent se prononcer à l’unanimité et leur décision n’est pas susceptible d’appel.

La « Marche Blanche », suite de l’arrestation de Marc Dutroux qui avait réuni, le 20 octobre 1996, en présence des familles des victimes, avait elle rassamblée plus de 330.000 manifestants.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. d-20190906-3VY1PT 2019-11-05 21:25:44

    Coalition fédérale: le CDH n’exclut plus une participation

  2. Le Parti socialiste de Pedro Sánchez reste le premier, avec 120 sièges sur 350. Mais bien loin de la majorité... © AFP.

    Elections: l’Espagne toujours à la recherche d’une majorité

  3. Le professeur avait souvent été dénoncé pour ses violences. Contre des étudiants. Mais surtout sur des femmes dont certaines avaient déposé des plaintes.

    Le professeur russe qui se prenait pour Napoléon a tué et démembré sa compagne

La chronique
  • L’Otan doit-elle suspendre son vol?

    Il y a un côté enfantin chez Emmanuel Macron, mais au sens de l’enfant du fameux conte d’Andersen qui s’écrie « Le roi est nu ! », provoquant ainsi le rire libérateur des sujets qui n’osaient pas s’avouer à eux-mêmes que leur souverain se promenait totalement à poil.

    En l’occurrence, Macron n’a pas fait rire mais, en déclarant dans une interview au magazine britannique The Economist, que l’Otan était « en état de mort cérébrale », il a dit très exactement ce que tout le monde sait, ce que tout le monde voit, mais que seul un esprit un peu enfantin pouvait oser dire. Angela Merkel a d’ailleurs trouvé la bonne expression : elle n’a pas dit que c’était faux (personne n’a vraiment dit que c’était faux !), elle a simplement fait remarquer que c’était « intempestif ». Intempestif signifiant exactement, si l’on se réfère au dictionnaire : « C’est vrai, mais ce n’est pas le moment de le dire. »...

    Lire la suite

  • Otan: le réveil de Macron, le risque de la division

    Il faut ouvrir la bouche quand on pense pouvoir exprimer clairement une opinion : c’est peu diplomatique, mais je ne suis pas un diplomate, je suis un politique. » Non, ce n’est pas là Emmanuel Macron qui parle. C’est le président sortant du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, qui, peu avant de tirer sa révérence, accorde au Soir un long entretien.

    ...

    Lire la suite