Manifestations en Irak: le bilan monte à 220 morts

Manifestations en Irak: le bilan monte à 220 morts
Reuters

Bagdad et le Sud chiite sont depuis jeudi en proie à un second épisode d’une contestation antigouvernementale inédite parce que spontanée.

Dimanche matin, la place Tahrir de Bagdad, épicentre de la contestation, avait des allures de campement organisé pour durer.

« On veut la chute du régime ! Qu’on les arrache tous par la racine ! », lance un manifestant à l’AFP, non loin de tentes et de stands de distribution de nourriture ou de protection de fortune contre les grenades lacrymogènes régulièrement tirées par les forces de sécurité.

Depuis jeudi soir, les dispersions et des attaques nocturnes contre des QG de partis et de groupes armés ont fait 63 morts.

Ce décompte s’ajoute aux 157 personnes tuées du 1er au 6 octobre, quasiment toutes des manifestants abattus par balles, selon un bilan officiel.

Lors de ce premier épisode de contestation, l’Irak a été plongé dans le noir : Internet a été totalement coupé par les autorités et des tireurs postés sur des toits ont semé la terreur dans la capitale et le Sud gagné par la fronde.

Calme la journée, chaos la nuit

Les manifestants ont repris jeudi soir le chemin de l’emblématique place Tahrir de Bagdad et de nombreuses autres places du Sud. Si les slogans restent les mêmes, le climat est différent.

Aucun tir à balles réelles provenant des forces de sécurité n’a été rapporté, tandis que les manifestants assurent mener un mouvement « pacifique » renforcé par l’entrée en scène dimanche des écoles et des universités.

La nuit, les violences prennent un tour nouveau dans des villes du Sud tribal. Des dizaines de sièges de partis, de bureaux de députés et surtout des QG des factions armées du puissant Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires dominée par les milices chiites pro-Iran et alliée du gouvernement, ont été incendiés et saccagés.

Des protestataires ont été tués par balles ou asphyxiés dans ces feux pour lesquelles des chefs de milice ont promis de « venger », tandis que l’ONU dénonce « des entités armées qui cherchent à compromettre la stabilité de l’Irak » et « sabotent les manifestations pacifiques ».

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