Brexit: Johnson demande à l’UE d’exclure «un autre report après le 31 janvier»

Brexit: Johnson demande à l’UE d’exclure «un autre report après le 31 janvier»
Reuters

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a exhorté les députés à approuver lundi la convocation d’élections anticipées en décembre pour sortir le Brexit de l’impasse actuelle, qui a contraint l’Union européenne à approuver un troisième report de la sortie du Royaume-Uni. A trois jours de la date prévue du divorce le 31 octobre, les 27 pays de l’UE se sont résolus à donner leur feu vert à une prolongation jusqu’au 31 janvier, avec possibilité de sortie plus tôt en cas de ratification de l’accord obtenu laborieusement il y a une dizaine de jours.

Face aux entraves du Parlement, qui l’a empêché de tenir sa promesse de réaliser le Brexit à la fin du mois, Boris Johnson s’est lancé dans une nouvelle tentative de convoquer des élections anticipées, sa seule chance de regagner la majorité perdue au fil des défections et des expulsions de députés opposés à sa stratégie. « Nous devons organiser des élections maintenant, nous ne pouvons plus continuer avec des reports sans fin », a martelé Boris Johnson devant les députés. « Ce Parlement est en fin de course et je ne crois pas que cette assemblée soit capable d’obtenir des résultats sur les priorités de la population, que ce soit le Brexit ou le reste », a-t-il ajouté. Il « ne veut pas contrôler le Brexit, débattre du Brexit, il ne veut que retarder le Brexit et annuler le Brexit », a-t-il poursuivi.

« On ne peut pas faire confiance à ce Premier ministre »

Pour obtenir des législatives, qui se tiendraient le 12 décembre, Boris Johnson a besoin de deux tiers des voix à la Chambre des communes, soit 434 votes. Et donc du soutien du Labour, principal parti d’opposition, qui s’y oppose tant que le risque d’une sortie sans accord n’est pas écarté et se dit réticent à un vote à l’approche de Noël, à une période où les étudiants rendent visite à leurs familles. « On ne peut pas faire confiance à ce Premier ministre », a déclaré le chef de file des travaillistes Jeremy Corbyn.

Si le dirigeant conservateur se heurte à un nouveau refus des travaillistes lundi soir, un vote pourrait être convoqué par le biais d’une autre procédure qui permettrait de le faire avec une majorité simple. Deux formations europhiles d’opposition, le parti national écossais (SNP) et les Libéraux-démocrates, qui rassemblent 54 députés, se sont dit prêtes à déclencher des élections. Mais si « le Parlement résiste » et n’adopte pas sa motion, « je voudrais exhorter les Etats membres de l’Union européenne à indiquer clairement qu’un autre report (du Brexit) après le 31 janvier n’est pas possible », a écrit Boris Johnson au président du Conseil européen, Donald Tusk, prenant acte de la décision européenne.

Il s’agit du troisième report du Brexit, plus de trois ans après la décision des Britanniques, consultés par référendum, de voter à 52 % pour quitter l’Union européenne. Le Royaume-Uni devait initialement quitter l’UE le 29 mars, date repoussée au 12 avril puis au 31 octobre.

Boirs Johnson avait pourtant répété à l’envi que le Brexit aurait lieu « coûte que coûte » le 31 octobre et qu’il préférait être « mort au fond d’un fossé » plutôt que demander un nouveau report. Celui accordé lundi prévoit une date butoir au 31 janvier, mais avec la possibilité pour le Royaume-Uni de quitter l’UE au 30 novembre ou au 31 décembre en cas de ratification de l’accord de sortie avant ces échéances, selon un document vu par l’AFP.

 
 
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