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Comme on nous parle: «Hé madame, t’as cinq minutes?»

Le XXIe siècle, ère des communications ? Mon œil ! On ne s’est jamais aussi mal compris. Par exemple, dans la rue, faut-il répondre quand on nous parle ?

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Journaliste au service Culture Temps de lecture: 5 min

Ce sont trois sœurs. Attablées chez Five Guys, rue Neuve, à Bruxelles. Elles sont pas d’accord. Il y en a une pour qui, la rue, c’est l’enfer. Elle dit qu’elle a des envies de meurtre quand des inconnus lui adressent la parole. Déjà, quand elle était jeune. Surtout si c’était pour lui parler de son physique. « Y a pas de raison », qu’elle dit. La deuxième sœur, elle répond à tout le monde, tant qu’on est poli et qu’on ne l’agresse pas. Un « Non merci » et on lui fout la paix. Qu’elle dit. La troisième, simplement : « On ne peut pas ignorer les gens. »

Cinq minutes plus tôt, une jeune Roumaine s’est assise à leur table, leur a montré le cahier dans lequel elle apprend à lire et à écrire, et leur a demandé de l’argent. Son mari est mort, etc – que d’a priori dans cet « etc ». Et c’est elle qui, sans le savoir, a déclenché le débat.

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5 Commentaires

  • Posté par Andersen Sven, dimanche 3 novembre 2019, 1:23

    Que l'on fiche la paix aux gens, ça m'énerve ces gens qui vous abordent ou même qui vous saluent sans vous connaître. Je n'ai pas besoin de leur bonjour tonitruant quand je me promène dans la rue ou quand je cours dans les bois. Signé : un misanthrope assumé.

  • Posté par CREPIN Hugues, mercredi 30 octobre 2019, 9:19

    Imparfait mais au moins, c'est du brut de fonderie. Cela dit, les chieurs, ont les voit arriver à cent mètres souvent. Pour la première fois depuis des années, j'ose avoir des réunions avec une femme seule dans une pièce fermée sans porte vitrée, ça fait du bien. La peur n'est pas que d'un seul côté, vous savez et on ne parle plus beaucoup des fausses accusations qui font aussi des victimes et encore moins de la "zone grise". Il est temps de réconcilier les gens et de simplement dire: un connard est un connard, ce que l'on ne pouvait plus faire surtout si il fait partie d'une minorité. Parler franchement pourrait aider. Après, évidemment, il y a les irrécupérables. Le fait d'avoir des générations de femmes plus libres aide mais dans la nouvelle, elles sont souvent très fragiles et cela pourrait mener à une régression. On va me hurler à l'injustice mais on ne se rend pas compte de l'exigence faite aux hommes en terme de force, d'assurance, protection, comportement, fiabilité, ... Or c'est à cela que l'égalité doit mener, des hommes plus fragiles et plus sensibles avec des femmes plus fortes et plus rassurantes. Là, l'égalité sera auto-protégée mais tant que la sécurité des femmes tiendra trop à la force et au contrôle des hommes, on sera toujours à la merci d'une régression.

  • Posté par Lahaye Olivier, mercredi 30 octobre 2019, 6:07

    Jamais vous n'écrivez que les jeunes femmes doivent être très fortes comme le furent nos mères, nos grand-mères et toutes ces femmes qui ont fait évoluer le monde. Conseillez à toutes les femmes de faire des sports de combat pour ne pas avoir peur au lieu de se réfugier dans les lieux fermés.

  • Posté par CREPIN Hugues, mercredi 30 octobre 2019, 9:25

    Dans la famille, une histoire court sur mon arrière-grand-mère, métisse indonésienne mariée à un officier colonial en Indonésie. Il avait décidé qu'elle danserait selon sa loi et au début du mariage, il lui a mis une bonne danse pour lui apprendre sa place dans le couple. Elle ne dépassait pas le mètre 55 et lui belge bien large et entraîné. Elle a évidemment fini au sol. Elle s'est simplement relevée, s'est remise d'aplomb et s'est dirigé vers le mur. Elle a décroché le kriss familial et l'a planté au centre de la table. "Toi, ça la prochaine fois, c'est dans ton ventre." Ok, affaire classée, il n'a plus jamais osé lui manquer de respect... C'est évidemment dommage d'en arriver à de telles extrémités mais l'éducation n'apprend pas assez à se défendre, ça oui.

  • Posté par Alexandre Kogioumtzis, mardi 29 octobre 2019, 17:48

    Chère Mme Huon, Je vous remercie pour cet article intéressant mais suis cependant déçu par certains de ses aspects. J'aimerais commencer par un résumé rapide de sa structure paragraphe par paragraphe. 1)2)3) La rue, c'est compliqué. Les avis divergent quand à la réaction face aux intéractions sociales spontanées. 4) Une chercheuse française observe que les femmes doivent changer de comportement dans la rue face aux agressions qu'elles subissent quotidiennement 5) Constat de cette même chercheuse que les interactions sociales spontanées peuvent être de magnifique expériences 6) Distinction entre le harcèlement et la rencontre. 7)8)9) Auteure américaine qui explique que les rencontres banales quotidiennes doivent être encouragées et sont bénéfiques car elles rompent l'isolement de nos sociétés. 10) Votre conclusion, si on dit oui à tout, on se retrouve dans des situations infernales. Alors, mon grief se situe au point 10) que j'ai trouvé caricatural et surtout résultant d'un "strawman argument", c'est-à-dire que vous étendez l'idée d'intéraction sociale brève à une intéraction sociale totale. Personne n'a dit qu'il fallait dire oui à tout, les points 5-7-8-9 sont là pour représenter l'avis de femmes ayant travaillé le sujet et pensant que ces microintéractions peuvent être bénéfiques à nos sociétés, vous donnez ensuite à ces même femmes une réponse très émotionnelle basée sur une extension, légèrement malhonnête, de leurs propos selon moi. J'aurais apprécié une contre-analyse plus pertinente de leur discours respectif. Bien entendu, je ne peux pas prétendre savoir comment se vivent les intéractions sociales quotidennes des femmes mais en tant qu'homme bruxellois, je peux vous dire que je souhaiterais un peu plus d'ouverture dans la vie belge en général et que la plupart des belges ayant voyagés m'en disent de même. Personne ne doit à quiconque quoi que ce soit dans la rue mais partager un moment, si bref soit-il, est toujours un plaisir en ce qui me concerne. Je vous remercie d'avoir porter l'attention sur un sujet sociétal qui me semble primordial et espère que vous l'étendrez à une étude plus profonde. Bonne soirée, Alex

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