Le 81e Prix Albert Londres décerné à Benoît Vitkine du «Monde»

Le 81e Prix Albert Londres, prix le plus prestigieux du journalisme francophone, a été remis mardi à Benoît Vitkine, correspondant du journal Le Monde en Russie, pour une série de reportages dans les pays de l’ex-URSS. « L’élégance de sa plume, l’originalité de ses angles et la rigueur de son travail le désignent aujourd’hui comme un digne héritier d’Albert Londres. Le retour douloureux des vétérans du Donbass en Ukraine, Odessa ville gangster, l’emprise russe sur la mer d’Azov, l’instrumentalisation totalitaire du football par Kadyrov le Tchéchène… Les sujets les plus rugueux et les plus complexes sont racontés avec une clarté exemplaire », salue l’association dans un communiqué annonçant la distinction du journaliste de 36 ans.

Il succède à une autre journaliste du Monde, Elise Vincent, lauréate pour des reportages sur le djihadisme et la radicalisation en France. Dans la catégorie audiovisuel, dont c’était la 35e édition, c’est la journaliste Marlène Rabaud, 41 ans, qui a été distinguée pour le film « Congo Lucha », qui raconte l’histoire d’un groupe de jeunes Congolais engagés dans une lutte pacifique pour changer leur pays, faire partir le président Kabila et organiser des élections libres.

Ce film, déjà distingué au Figra (festival du grand reportage et du documentaire de société), a été diffusé sur la RTBF et la BBC et sera prochainement sur France 2. « Un film courageux, chaleureux et rare ; une caméra tenue à hauteur d’homme ; un ton juste et sobre, à mille lieues de tout formatage. L’Afrique est là, devant nous, qui palpite, s’insurge, rêve, et se bat avec une utopie magnifique contre un système politique qui l’exploite et la gangrène. On ressort de ce film à la fois admiratif, révolté… et bouleversé », s’enthousiasme l’association.

Enfin, le Prix du Livre, le plus récemment créé qui en est à sa 3e édition, revient au journaliste Feurat Alani, 39 ans, pour « Le Parfum d’Irak » (Les éditions Nova et Arte éditions), « un véritable ovni littéraire : un roman graphique composé d’un millier de tweets, qui, semblables à des haïkus, racontent les différents voyages en Irak d’un petit français d’origine irakienne devenu plus tard journaliste, chargé de couvrir la guerre dans son deuxième pays qu’il s’est pris à aimer ».

Valoriser l’éthique

La cérémonie de remise des prix se tenait au Centre Pompidou à Paris. Créé en 1933 en hommage au journaliste français Albert Londres (1884-1932), père du grand reportage moderne, le prix est doté de 3.000 euros pour chacun des lauréats, qui doivent avoir moins de 41 ans. Le jury du prix est composé d’une vingtaine d’anciens lauréats.

« Ce n’est pas le couronnement d’une carrière de journaliste mais un encouragement à poursuivre, on essaie de déceler l’excellence, de découvrir des personnalités qui affichent très clairement les valeurs d’Albert Londres : intégrité, rigueur, courage, exactitude, sens de l’actu et éthique. Éthique, et pas esbroufe et recherche effrénée de ‘coup’. Éthique, qu’on espère que nos jeunes lauréats respecteront tout au long de leur parcours futur », souligne Annick Cojean. Des valeurs d’autant plus importantes que l’époque est tourmentée pour tous les médias, note-t-elle.

 
 
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