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Gros blocage au fédéral: demain une maxi réforme de l’Etat?

Les préformateurs remettront leur rapport lundi prochain. Le blocage dure. Les francophones doivent-ils viser une réforme institutionnelle ? Entretien croisé avec deux constitutionnalistes : Marc Uyttendaele et Christian Behrendt.

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Journaliste au service Politique Temps de lecture: 5 min

Le blocage prolongé au fédéral – on attend le rapport des préformateurs lundi prochain – fait s’interroger : devons-nous estimer que le fossé nord-sud est devenu infranchissable ? Dès lors mettre en œuvre une réforme de l’Etat vers plus d’autonomie pour chaque entité ? Les partis francophones doivent-ils se préparer à cela ? Nous avons posé la question à deux constitutionnalistes qui ne répugnent pas à s’engager sur le terrain politique, et qui ne sont pas forcément tout le temps au diapason, on aura reconnu Marc Uyttendaele (ULB) et Christian Behrendt (ULiège). Le premier est demandeur, le second n’est pas « Monsieur non »…

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16 Commentaires

  • Posté par Deckers Björn, jeudi 31 octobre 2019, 20:35

    Paul Van Obberghen, les aspirations des électeurs de la NVA sont diverses (politique économique, questions migratoires, et autres). Mais on ne peut nier que ces deux partis sont aussi des partis ouvertement et clairement séparatistes. Cela ne peut être la seule distraction des électeurs flamands. Donner potentiellement (si on revotait aujourd'hui) une majorité absolue dans le groupe linguistique NL aurait forcément une conséquence. S'en prendre aux "politiciens" ou à certains partis de gauche wallons qui auraient un agenda caché (diable, les fourbes!) n'y changera rien. La Flandre se sniffe depuis 20 ans à l'illusion que tout ses malheurs venait du boulet wallon. Quand on nourrit matin, midi et soir un tel racisme pendant vingt ans, il n'y a pas de fatalité. Nous y sommes

  • Posté par Deckers Björn, jeudi 31 octobre 2019, 20:24

    Jean-Luc Reginster, vous me permettrez de vous faire remarquer que vous mélangez deux choses. Vous incriminez le système proportionnel tout en donnant l'exemple du Royaume-Uni qui a un système outrancièrement majoritaire. Désolé, mais ça fait un peu désordre dans votre explication. Par ailleurs, vous avez sans doute raison, le problème belge est lié à la disparition des partis nationaux. La vrai scission du pays vient de là. C'est une évidence. Mais vous allez un peu vite en besogne en laissant entendre qu'il faut laisser tomber la notion de parti F et N et que puisqu'il y avait une majorité de droite claire, elle doit pouvoir fonctionner. Je sais pour avoir lu d'autres de vos commentaires que cette conclusion ne peut que vous agréer, elle a d'ailleurs été largement soutenue par les militants du MR. Posez vous maintenant la question en renversant les rapports de force. La gauche écrasante en Flandre impose sa majorité à une Wallonie majoritairement de droite. Ca vous va toujours? Telle est bien la conclusion de Marc Uyttendaele, et il est urgent que les francophones y répondent car c'est de leur réponse que dépend l'avenir du pays. Soit on accepte la logique qui a donné naissance au gouvernement suédois, une forme de réfédéralisation politique, considérant que les flamands sont plus nombreux et ont le droit de nous dicter comment nous devons être gouverné, une forme de colonialisme assumé. Soit on accepte une nette décentralisation pour pouvoir gouverner le sud à notre idée. En ce qui me concerne et vu la tournure des choses en Flandre (le VB potentiellement en premier parti flamand), je dois dire que je n'ai pas beaucoup d'hésitation, mais peut-être préférez vous aussi un gouvernement VB-NVA???

  • Posté par Reginster Jean-luc , jeudi 31 octobre 2019, 21:42

    L'inversion dont vous parlez ne me dérangerait pas sur un plan purement institutionnel: c'est la logique d'un Etat fédéral. Ce qui fausse le jeu du fédéralisme belge, comme vous l'observez très exactement vous aussi, c'est l'absence de partis nationaux. La logique de nos institutions est celle d'un fédéralisme de Communautés, ce qui rend le système impraticable et horriblement coûteux. C'est à cela qu'il faudrait pouvoir remédier. Mais n'est-il pas déjà trop tard ? Vous avez raison sur le régime majoritaire anglais. Mais dans le cadre du brexit, où les partis se sont divisés, ce régime a explosé, donnant une caricature de proportionnelle sous-partisane.

  • Posté par Petre Eric, jeudi 31 octobre 2019, 18:32

    Il ne reste à la barre de la Belgique qu'un roi d'opérette et un gouvernement fantoche sans pouvoirs ni majorité... et la vérité est que tout le monde s'en fout. Soyons réalistes, s'il reste une majorité de belges en faveur du maintien d'une Belgique unie ce n'est que par peur du divorce et de ses conséquences comme le partage des biens (et des dettes) A toi le bocal à moi les poissons rouges. Mais on n'a plus rien à se dire ni même envie de se parler.

  • Posté par Reginster Jean-luc , jeudi 31 octobre 2019, 16:43

    On assiste en Belgique à l'évolution rencontrée dans la plupart des démocraties voisines: le système d'une représentation proportionnelle, qui est en soi le plus démocratique, ne fonctionne pas. Il est tôt ou tard confisqué par les partis qui privilégient leur propre intérêt bien plus que celui du pays dans son ensemble. Le Parlement britannique en apporte encore une aveuglante confirmation avec le Brexit: dès lors que le système majoritaire ne corrige pas la logique partisane, les partis ne jouent plus qu'individuellement leur propre partition rendant la musique inaudible. Qu'on se rappelle la République de Weimar qui a fini par accoucher d'Hitler ou la fin de la Quatrième République en France. Chez nous, le système proportionnel particratique engendre les mêmes dérives mais on n'a jamais voulu le réformer en un système majoritaire en raison du clivage communautaire dont l'enjeu semblait transcender les courants politiques de fond. On était censé se comporter comme flamand ou francophone avant que d'exprimer un choix de gauche ou de droite, socialiste, libéral, écolo ou coco. La dernière législature illustre cette singularité belge à merveille: alors qu'il y avait une majorité parlementaire fédérale clairement à droite, elle n'a cessé d'être dénoncée côté francophone parce qu'elle ne reflétait pas le choix électoral des Wallons. Consciemment ou inconsciemment, on signifiait ainsi que, même largement décentralisées, les institutions belges ne pouvaient plus démocratiquement fonctionner au niveau fédéral. Les partis séparatistes au nord du pays avaient correctement jugé les choses: l'unité du pays n'intéresse la majorité de gauche en Wallonie qu'à la condition qu'elle lui confère un pouvoir plus important que celui reconnu par l'arithmétique électorale sur le plan national. Et la séparation de la Belgique, si elle doit intervenir, répondra à une demande de la gauche francophone. L'actuel imbroglio institutionnel n'a pas d'autre sens que d'y préparer les citoyens.

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