Le film de la belgo-tunisienne Hinde Boujema fait un tabac au festival de Carthage (vidéo)

La réalisatrice belgo-tunisienne Hinde Boujema
La réalisatrice belgo-tunisienne Hinde Boujema - Belga

Début novembre 2018, Hinde Boujema et son équipe s’activaient à Djebel Jelloud, un quartier de la banlieue sud de Tunis, où ils tournaient « Noura rêve ». Un an plus tard, le premier long-métrage de fiction réalisé par la Belgo-tunisienne y est de retour, terminé.

« Au lendemain des festivals de Toronto (Canada), San Sebastian (Espagne), El Gouna (Egypte) et Namur, nous voici en compétition aux JCC en Tunisie, dans l’un de mes deux pays », commente-t-elle. L’accueil réservé au film est chaleureux, en témoigne l’affluence dans les salles tunisiennes qui hébergent le festival des JCC.

L’adultère, dans un pays qui le condamne encore sévèrement, constitue le thème principal de cette œuvre dans laquelle l’actrice vedette tunisienne Hend Sabri interprète le rôle principal. Alors que son mari Jamel est emprisonné, Noura tombe éperdument amoureuse de Lassad, avec lequel elle envisage un avenir commun. C’est néanmoins sans compter sur la libération inattendue de Jamel, qui contraindra la jeune mère à reprendre la vie conjugale.

« Ce film est la revendication du droit au bonheur de tout être humain. On peut qualifier ma démarche de féministe, mais je suis avant tout cinéaste. De manière générale, la femme est toujours jugée. On accepte plus facilement la relation extraconjugale chez l’homme. Il n’y a pourtant pas de raison », a expliqué Hinde Boujema à l’agence Belga. « Je ne défends pas l’adultère, mais je constate une différence de traitement entre deux êtres humains qui peuvent aimer ailleurs. »

Inspirée d’une histoire vraie, cette fiction d’une heure et demie est une coproduction entre la Belgique, la Tunisie, la France et le Qatar, en partenariat avec la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Déjà un prix

A la veille de la proclamation des résultats de la compétition officielle des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), le film de la réalisatrice belgo-tunisienne a d’ores et déjà obtenu une récompense décernée par un jury parallèle.

Concourant dans la catégorie des longs-métrages de fiction de cette édition 2019 des JCC, « Noura rêve » s’est vu attribuer le prix de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la principale centrale syndicale de Tunisie. Cette reconnaissance d’une valeur de 5.000 dinars, soit quelque 1.600 euros, a été octroyée à Sawssen Jemni, la première assistante à la réalisation.

« Ce poste est généralement occupé par un homme. Cette fois, toute mon équipe d’assistanat a été exclusivement féminine. Je suis très heureuse de voir Sawssen récompensée car c’est une femme de poigne qui a eu à travailler dans des conditions très difficiles », commente Hinde Boujema.

 
 
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