L’industrie pharma réfute la pratique de prix indécents

L’industrie pharma réfute la pratique de prix indécents
Dominique Rodenbach

Depuis la rentrée parlementaire, il y a du sang sur les murs de la Commission de la Santé. Les échanges sont vifs à propos de l’article 81, une procédure qui permet de prendre un raccourci afin d’accélérer l’accès du médicament au patient, mais qui rend le prix effectivement payé quasi secret pour tous.

On entend le pire : « De Block passe des deals secrets avec l’industrie pharmaceutique plutôt que de passer des appels d’offres et employer des licences contraignantes », dit Sofie Merckx (PTB). Deux députées SP.A estiment, elles, « qu’il est choquant que ce genre d’accords secrets se multiplient, dont on sait que le coût est souvent élevé pour les caisses de l’Etat ». Elles souhaitent qu’un membre de la Chambre puisse demander à la Cour des comptes d’accéder à l’intégralité des contrats secrets avec le secteur pharma, arguant que « le contribuable a le droit de savoir ce que l’on fait de son argent ». Jean Hermesse, secrétaire général des Mutualités chrétiennes, la plus importante du pays, renchérit : « Aujourd’hui, rien ne nous permet de savoir si le coût de ces médicaments est justifié. »

Un arbitre neutre, le centre d’expertise des soins de santé (KCE), tranche : « À l’avenir, on peut même craindre que cette situation devienne un obstacle à l’introduction de génériques. En effet, tant que le prix réel du médicament original n’est pas connu, il est impossible pour une firme de faire des projections sur un prix compétitif pour un générique de cet original. L’opération est donc très hasardeuse. »

► Des accords secrets, les explications du secteur pharmaceutique, les critères: notre dossier à découvrir sur Le Soir+

 
 
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