Charles Michel accentue la pression sur le PS et la N-VA: «Une forme de faiblesse, sinon de lâcheté»

Charles Michel accentue la pression sur le PS et la N-VA: «Une forme de faiblesse, sinon de lâcheté»
Bruno D’Alimonte

Ce lundi, les deux « préformateurs », Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA), doivent remettre leur rapport de mission au roi Philippe alors qu’il semblerait que les discussions n’ont guère progressé en vue de constituer une majorité capable de gouverner le pays. Pour l’ex-Premier ministre Charles Michel, « il est urgent » que le PS et la N-VA prennent enfin « leur responsabilité. »

« Le courage, c’est de prendre ses responsabilités et de faire des compromis. Personne n’a la majorité absolue en Belgique », a lancé sur la Première le nouveau président du Conseil européen, dénonçant « une forme de faiblesse, sinon de lâcheté » de la part du PS et de la N-VA, « à s’accrocher à leur programme électoral et à refuser de faire le pas intelligent vers l’autre ».

Une septième réforme ?

« Il faut faire preuve de courage. Le courage, c’est faire preuve de créativité et d’innovation afin de gouverner ce pays avec une majorité parlementaire », explique-t-il tout en balayant l’idée d’une septième réforme exigée par les nationalistes flamands. « Cette réforme serait contraire aux choix démocratiques puisque cette campagne électorale, il y a cinq mois, n’a pas porté sur une énième réforme qui viserait à démanteler l’Etat fédéral », précise le président du MR sortant.

La N-VA, qui a fait chuter le gouvernement Michel, joue-t-elle la stratégie du pourrissement ? « Je ne sais pas qui de la N-VA ou du PS partage davantage la responsabilité », indique l’ancien Premier ministre.

Charles Michel accuse également les deux plus grands partis du pays « d’enliser le pays » avec un gouvernement qui est toujours en affaire courante depuis près d’un an. « Il est certain que la dégradation des finances publiques est une menace pour la facture future des citoyens », affirme-t-il.

Vers des élections anticipées ?

« S’il y a cet acharnement à refuser de prendre ses responsabilités et d’être courageux, tôt ou tard viendra la question des élections anticipées et cela ne va rien régler », regrette Charles Michel au micro de Thomas Gadisseux. « Après des élections anticipées, il y aura probablement une carte politique encore un peu plus complexe mais les problèmes d’emploi, de fiscalité et liés au climat n’auront pas changé. On aura perdu encore un peu plus de temps », indique-t-il, soulignant le risque « d’un peu plus appauvrir et déforcer le pays. »

 
 
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