L’actrice Adèle Haenel accuse Christophe Ruggia de harcèlement sexuel: il est radié de la Société française des réalisateurs de films

Adèle Haenel
Adèle Haenel - Photo News

La Société des réalisateurs de films (SRF) a annoncé lundi avoir décidé de radier de ses membres le réalisateur Christophe Ruggia, après des accusations d’ « attouchements » et de « harcèlement sexuel » de l’actrice Adèle Haenel alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans.

« Suite à l’enquête parue dans Médiapart, la SRF exprime son soutien total, son admiration et sa reconnaissance à la comédienne Adèle Haenel, qui a eu le courage de s’exprimer après tant d’années de silence. Nous tenons à lui dire que nous la croyons et que nous en prenons acte immédiatement, sans nous dérober à notre propre responsabilité », a indiqué la SRF dans un communiqué.

« Nous avons lancé ce jour la procédure de radiation de Christophe Ruggia de la SRF », ajoute cette association professionnelle de cinéastes, qui compte quelque 300 adhérents.

Dans une longue enquête publiée dimanche par Médiapart, l’actrice française de 30 ans, récompensée par deux César dont celui de la meilleure actrice en 2015 pour « Les Combattants », accuse Christophe Ruggia, avec qui elle a tourné son premier film « Les Diables », d’« attouchements et de « harcèlement sexuel » alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans.

Le réalisateur a répondu par le biais de ses avocats qu’il « réfutait catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d’attouchement sur cette jeune fille alors mineure ».

« Qu’il y ait une emprise involontaire de l’adulte, metteur en scène, c’est probable », mais « il nie catégoriquement les attouchements et le harcèlement sexuel », a réaffirmé à l’AFP lundi son avocat Jean-Pierre Versini.

« Je suis choquée qu’il démente », a déclaré Adèle Haenel lundi soir dans une émission en direct diffusée par le site de Médiapart. « Je suis encore plus choquée par le fait qu’il dise qu’il m’a ‘découverte’ (comme actrice NDLR), parce qu’en fait, il m’a surtout détruite », a-t-elle ajouté.

« Ça fait 17 ans, c’est un cheminement ultra-long », a-t-elle encore dit. « Le monde a changé. Et c’est pour ça aussi en fait que je parle, parce que je dois le fait de pouvoir parler à toutes celles qui ont parlé dans le cadre des affaires #MeToo et qui m’ont fait changer de perspective sur ce que j’avais vécu. Et du coup je voudrais contribuer à ça ».

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