Le Parlement européen se penche sur le cas des assistants parlementaires identitaires

Au Parlement européen, le Rassemblement national siège avec ses partenaires (la Ligue, l’AfD, le Vlaams Belang...) au sein du groupe «
Identité et démocratie
».
Au Parlement européen, le Rassemblement national siège avec ses partenaires (la Ligue, l’AfD, le Vlaams Belang...) au sein du groupe « Identité et démocratie ». - Reuters

Le Parlement européen semble décidé à se pencher sérieusement sur le cas des identitaires embauchés à Bruxelles par le Rassemblement national. Suite à l’article du « Soir » paru le 30 octobre, l’administration du Parlement européen a pris la décision d’ouvrir une enquête concernant le cas de Damien Lefèvre (communément appelé Damien Rieu), a-t-on appris de sources concordantes.

Cet ancien porte-parole du mouvement Génération identitaire, rédacteur pour le blog d’extrême droite Fdesouche, a depuis peu pris ses fonctions à Bruxelles comme assistant parlementaire de l’eurodéputé français Philippe Olivier (Rassemblement national). Nous rappelions que Rieu/Lefèvre a été condamné le 29 août 2019, par le tribunal correctionnel de Gap à six mois de prison, une amende de 2.000 euros et la privation « de ses droits civiques » pour avoir participé à l’organisation du blocage du Col de l’Échelle, point de passage des migrants venus d’Italie, par des dizaines de militants de Génération identitaire. Une condamnation à laquelle Damien Rieu a fait appel et qui est donc provisoirement suspendue.

Si l’administration du Parlement européen avait bien reçu l’extrait de casier judiciaire nécessaire à l’embauche de tout assistant parlementaire, la copie du jugement du tribunal correctionnel de Gap n’y figurait pas. Un manquement qui a alerté l’administration du Parlement.

Peut-on être condamné par la justice et fonctionnaire européen ? L’appel de Rieu ayant suspendu la condamnation du tribunal correctionnel pour le moment, il est peu probable qu’en l’état, l’enquête mène à un renvoi de l’assistant. « A partir du moment où l’appel est suspensif, il n’y a pas grand chose à faire. Il faut être certain qu’il le soit vraiment », nous indique une source bien renseignée. Reste à attendre la décision de la cour d’appel pour que Rieu soit fixé définitivement sur son avenir européen. Au Parlement, on l’assure, on la guette.

 
 
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