Paris: 13.500 personnes à la marche controversée contre l’islamophobie (photos et vidéos)

«  Vivre ensemble, c’est urgent » : 13.500 personnes étaient rassemblées dimanche après-midi à Paris pour une marche controversée contre l’islamophobie, qui a déchiré la gauche et provoqué une levée de boucliers du gouvernement et de l’extrême droite.

« Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant », « stop à l’islamophobie », « vivre ensemble, c’est urgent », pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants réunis devant la Gare du Nord. Il y avait aussi de nombreux drapeaux français.

« Solidarité avec les femmes voilées », ont scandé des participants.

La France est le pays d’Europe occidentale qui compte la plus importante communauté musulmane (7,5 % de la population). L’appel à manifester a été lancé le 1er novembre dans le quotidien « Libération », quatre jours après l’attaque d’une mosquée à Bayonne et sur fond de débat ravivé sur le port du voile et la laïcité. Le message initial était de dire « STOP à l’islamophobie », à la « stigmatisation grandissante » des musulmans, victimes de « discriminations » et d’« agressions ».

« J’en ai marre que dans la rue on me dise ‘Rentre dans ton pays’. Je suis française ! », raconte Amina, informaticienne de 26 ans.

A Toulouse, Mouss Amokrane, chanteur du groupe Zebda, s’est joint à la mobilisation d’environ 200 personnes. « C’est flagrant, la multiplication, l’explosion des actes antimusulmans », regrette-t-il. « Avec ou sans foulard, on en a marre d’être les dernières de la classe », souligne sa mère Nadjet Fellah, infirmière, qui s’est battue en Algérie contre le port du voile. « J’ai choisi de ne pas le porter mais ça me fait mal que celles qui le portent soient prises à partie ».

A Marseille, un autre rassemblement a eu lieu avec quelques centaines de personnes – familles musulmanes, mais aussi syndicalistes et militants de gauche. La foule a scandé « nous sommes tous des enfants de la République ».

La classe politique divisée

Depuis l’appel à manifester, la classe politique se déchire au sujet de ce rassemblement dans un pays qui oscille entre les dénonciations de la « stigmatisation » dont seraient victimes les musulmans et la contestation de la « radicalisation ».

La notion-même d’« islamophobie » ainsi que l’identité de certains signataires de l’appel – comme le Collectif contre l’islamophobie (CCIF) accusé de liens avec les Frères musulmans – ont conduit une partie de la gauche à ne pas s’y associer, notamment au Parti socialiste, ou à relativiser leur soutien initial, comme l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot.

Plusieurs élus du parti de gauche radicale La France insoumise étaient présents, dont son chef de file Jean-Luc Mélenchon, qui a appelé avant le départ de la marche à ne pas « confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie ».

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon - Photo News

Pour la présidente du parti d’extrême droite Rassemblement national Marine Le Pen, « tous ceux qui vont se rendre à cette manifestation seront main dans la main avec les islamistes, c’est-à-dire ceux qui développent dans notre pays une idéologie totalitaire qui vise à combattre les lois de la République française ».

La députée Aurore Bergé, porte-parole du parti macroniste La République en Marche, s’est pour sa part élevée dimanche contre « une marche qui attaque l’Etat et qui utilise un terme (islamophobie) dont on sait bien qu’il est utilisé à des fins politiques ». En revanche, « si demain il y avait une grande marche pour lutter contre le racisme sous toutes ces formes, nous serions les premiers à être présents », a-t-elle assuré.

 
 
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