Elections en Bolivie: Cuba, Venezuela et Argentine dénoncent un «coup d’Etat»

Les présidents cubain Miguel Diaz-Canel et vénézuélien Nicolas Maduro ont dénoncé dimanche le «coup d’Etat» contre la démocratie en Bolivie et appelé à se mobiliser, après la démission du «frère» président Evo Morales. Le président élu argentin a émis la même critique, tandis que la Bolivie a exigé la tenue d’une réunion du conseil permanent de l’Organisation des Etats américains (OEA)La réélection de ce dernier à un quatrième mandat était vivement contestée depuis trois semaines.

>Bolivie: Evo Morales annonce sa démission

Le chef de l’Etat cubain a exprimé dans un tweet sa «condamnation énergique du coup d’Etat». Il estime que «le monde doit se mobiliser pour la vie et la liberté d’Evo», avec le hashtag #EvoNoEstasSolo (Evo, tu n’es pas seul). Cuba, allié traditionnel du dirigeant socialiste, exprime sa «solidarité avec le frère président Evo Morales, protagoniste et symbole de la revendication des peuples indigènes de nos Amériques», a également tweeté le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez.

De son côté, le président vénézuélien Nicolas Maduro a condamné «catégoriquement» ce «coup d’Etat» en Bolivie «contre le frère président Evo Morales», a-t-il écrit sur Twitter, appelant à «la mobilisation pour exiger que soit préservée la vie des peuples indigènes boliviens, victimes du racisme».

Depuis l’Argentine, le président élu argentin, Alberto Fernandez, a qualifié aussi dimanche de «coup d’Etat» la situation en Bolivie, dans un message sur Twitter. «En Bolivie a eu lieu un coup d’Etat produit par l’action conjointe de civils violents, du personnel policier qui s’est démobilisé et de la passivité de l’armée. C’est un coup perpétré contre le président @evoespueblo, qui avait convoqué un nouveau processus électoral», a écrit M. Fernandez, un péroniste de centre-gauche qui entrera dans ses fonctions de président le 10 décembre.

Le gouvernement colombien a par ailleurs demandé dimanche une «réunion urgente» du conseil permanent de l’Organisation des Etats américains (OEA) à la suite de la démission d’Evo Morales. La Colombie souhaite cette réunion «afin de chercher des solutions à la complexe situation institutionnelle» qui se présente en Bolivie, a indiqué le ministère colombien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le président bolivien Evo Morales a démissionné dimanche après avoir perdu le soutien de l’armée et de la police, au bout de trois semaines de vives protestations contre sa réélection lors du premier tour de la présidentielle du 20 octobre. «Je renonce à mon poste de président», a déclaré à la télévision le leader indigène de 60 ans, au pouvoir depuis 2006, au terme d’une journée marquée par de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ainsi que des démissions en série de ministres et députés.

L’ex-président bolivien Carlos Mesa, chef de l’opposition et candidat malheureux à la présidentielle du 20 octobre, a affirmé dimanche que les Boliviens ont «donné une leçon au monde» en obtenant le départ d’Evo Morales, dont ils contestaient la réélection.

Des milliers de Boliviens fêtaient dans la rue la démission du chef de l’Etat, au terme de trois semaines de manifestations.

 
 
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