Procès Rwanda: «Si je n’étais pas arrivé à Mataba, il y aurait eu des dizaines de morts», affirme l’accusé

Procès Rwanda: «Si je n’étais pas arrivé à Mataba, il y aurait eu des dizaines de morts», affirme l’accusé
AFP

Fabien Neretsé a continué de contester, au travers de ses réponses aux questions des jurés et des avocats, mardi devant la cour d’assises de Bruxelles, les crimes dont on l’accuse. Non seulement il n’a pas mis sur pied une milice d’Interahamwe mais il a pu sauver des vies, a-t-il soutenu. Fabien Neretsé, un Rwandais de 71 ans vivant en France, est accusé de crime de génocide et de crime de guerre commis en 1994 au Rwanda. Il est entre autres suspecté d’être impliqué dans les meurtres d’une Belge, de son mari et de leur fille, à Kigali, le 9 avril 1994. Il est également suspecté d’avoir créé, entretenu et financé une milice d’Interahamwe dans son village natal à Mataba (Nord-Ouest du Rwanda), qui aurait ensuite commis de nombreux massacres.

« Si je n’étais pas arrivé à Mataba, il y aurait eu des dizaines de morts », a affirmé l’accusé mardi, rappelant qu’il était personnellement intervenu à la suite d’un incident survenu en 1993 au sein de l’école qu’il avait créée à Mataba, son village natal, dans la préfecture de Ruhengeri (Nord-Ouest du Rwanda). Des élèves Hutus extrémistes y avaient agressé des élèves Tutsis. Vendredi, l’accusé a déclaré qu’il avait, à la suite de ces troubles, engagé des gardiens supplémentaires pour veiller à la sécurité de l’école et qu’il avait donné un blâme à des professeurs qui avaient une responsabilité dans ces faits. Mardi, il a ajouté qu’il avait également renvoyé un directeur.

« J’avais peur des militaires »

Fabien Neretsé a encore été interrogé sur le meurtre de Joseph Mpendwazi, commis dans les environs de Mataba, le 19 juin 1994. Vendredi, il a expliqué qu’il avait été contraint, par des militaires qui venaient de capturer Joseph Mpendwazi, à les conduire à Kivuruga, contestant être celui qui menait en réalité cette opération. Une jeune fille, élève à l’école ACEDI-Mataba, avait déclaré que Fabien Neretsé s’était arrêté ce jour-là pour lui proposer le transport, alors qu’elle se dirigeait à pied de Mataba à Kivuruga. Elle avait déclaré avoir vu un homme ligoté dans la voiture et deux personnes en tenue militaire.

« Oui, j’avais peur des militaires », a précisé mardi à ce sujet Fabien Neretsé. « Etiez-vous certain que la jeune fille ne prenait donc pas un risque en montant dans votre voiture ? », a interrogé un juré. « J’ai dit aux militaires : ‘je ne vais pas passer à côté d’une élève de mon école sans la prendre’. Et je l’ai prise », a-t-il répondu. Mardi matin, les avocats de Fabien Neretsé ont dit déplorer que la présidente de la cour ne se soit basée que sur les témoignages à charge pour interroger leur client. Ils ont déposé des conclusions visant à faire lire par la cour des témoignages à décharge. Après en avoir délibéré environ deux heures, la cour a rendu un arrêt balayant les arguments de la défense.

 
 
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