Le ministre Dermagne dénonce les bonus secrètement versés aux dirigeants de Nethys

Le ministre Dermagne dénonce les bonus secrètement versés aux dirigeants de Nethys
Olivier Polet

Le 11 octobre dernier, un trio d’administrateurs (Bernard Thiry, Laurent Levaux et Jean-Pierre Hansen), était nommé à la tête de Nethys. Il fut rejoint cinq jours plus tard par le patron de la Sogepa, Renaud Witmeur, nommé manager ad interim. Pendant quatre semaines, cette nouvelle équipe a tenté de démêler l’écheveau des indemnités compensatoires qui depuis mai 2018, lorsqu’est entré en vigueur le décret gouvernance, ont été payées aux ex-managers de Nethys. Essentiellement Stéphane Moreau, Bénédicte Bayer et Pol Heyse.

Un premier rapport a été transmis ce mercredi à l’administration wallonne, il a stupéfait le ministre régional (PS) des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne. Par communiqué, il confirme ce qu’avait annoncé Le Soir. « Le comité de nomination et rémunération du groupe a décidé, en date du 22 mai 2018, du principe de verser des indemnités dites de rétention, soit des indemnités présentées comme nécessaires pour éviter le départ des intéressés vers le privé, lors de l’entrée en vigueur du décret gouvernance ».

De nouveaux bonus

On apprend également que le Comité de Nomination et de Rémunération de la société (CNR, constitué de Pierre Meyers, Jacques Tison et François Fornieri) a convenu un an plus tard, en mai dernier donc, de verser des bonus au management. Plus exactement, « les montants dus aux intéressés depuis mai 2018 au titre de rémunération variable, alors même que ces bonus dépassaient le plafond fixé par le décret entré en vigueur, sous l’argument que ceux-ci étaient liés aux résultats d’exercices antérieurs à son adoption », précise le ministre Dermagne. La plus grande partie de cet argent aurait été versée aux ex-managers de Nethys il y a quelques semaines seulement.

Dans le même communiqué, le ministre wallon n’exclut pas, dès que son administration aura analysé plus en profondeur les premières conclusions qui lui ont été apportées par les nouveaux administrateurs de Nethys, « de formuler une proposition d’annulation de ces décisions ». Ces documents ont également été envoyés au juge liégeois Frédéric Frenay, en charge de l’instruction récemment ouverte sur les ventes douteuses, par Nethys, de ses filiales Voo, Elicio et Win.

Enfin, le ministre wallon exhorte la maison-mère de Nethys, l’intercommunale Enodia, à prendre ses responsabilités. « Il leur appartient de défendre les intérêts de la société et de ses actionnaires, c’est-à-dire des communes et province associées, autrement dit, des citoyens, en utilisant toutes les voies de droit. »

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