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Donald Tusk: «Le Brexit signifie la véritable fin de l’Empire britannique»

Donald Tusk a entendu à de nombreuses reprises de la part de la Grande-Bretagne que sa sortie de l’Union européenne lui permettrait de redevenir une puissance mondiale.

Temps de lecture: 3 min

Deux semaines avant l’entrée en scène de son successeur Charles Michel, le président du Conseil européen Donald Tusk n’a pas mâché ses mots, mercredi soir devant le Collègue européen à Bruges. « Le Brexit signifie la véritable fin de l’Empire britannique », a-t-il déclaré.

Ces dernières années, Donald Tusk a entendu à de nombreuses reprises de la part de la Grande-Bretagne que sa sortie de l’Union européenne lui permettrait de redevenir une puissance mondiale. Mais ce sont des avis différents qu’il a entendus lors de ses voyages en Afrique du Sud, en Inde, au Canada, en Australie et dans d’autres pays. « Après son départ, le Royaume-Uni deviendra un outsider, un acteur de deuxième classe dans un domaine occupé par la Chine, les États-Unis et l’UE », a-t-il estimé.

Selon lui, ce n’est qu’au sein d’une Europe unie que la Grande-Bretagne peut jouer un rôle sur la scène internationale et faire face sans complexes aux superpuissances. « On peut dire la même chose de la France et de l’Allemagne », a-t-il ajouté.

Un mois avant des élections outre-Manche, le Polonais n’a pas abandonné l’espoir d’un revirement. « Dans ce match, nous avons déjà eu du temps supplémentaire, nous sommes maintenant dans les prolongations, peut-être qu’il y aura même des penaltys », a-t-il brossé.

Maintenir l’unité européenne

Donald Tusk a par ailleurs regretté le blocage par la France des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie, ainsi que l’appel du président Emmanuel Macron pour une révision des relations avec la Russie, visée par des sanctions européennes depuis l’annexion de la Crimée et l’ingérence en Ukraine. « Je partage avec M. Macron le rêve d’une Europe véritablement souveraine, mais une Europe souveraine ne sera pas possible sans des Balkans stables et intégrés ni sans une Ukraine indépendante. »

Les négociations sur le Brexit et le maintien des sanctions à l’encontre de la Russie sont les réalisations les plus importantes et s’inscrivent dans son grand objectif : la préservation de l’unité européenne. « Cela peut sembler banal, mais mon mandat consistait à maintenir l’unité. C’était un leitmotiv, un défi, presque une obsession », dit Tusk, qui s’est une fois de plus opposé à une Europe à plusieurs vitesses, ou à une Europe où l’Allemagne et la France l’emporteraient.

L’ex-Premier ministre belge Charles Micghel succédera à Donald Tusk le 1er décembre. Des dossiers complexes l’attendent, comme le budget pluriannuel européen, la politique migratoire, le renforcement de la zone euro et la politique climatique. Des domaines surtout marqués par les divisions et l’indécision ces dernières années.

« Dans mon bureau, j’avais accroché une affiche avec l’inscription : ’It is th unity, stupid’. Je l’avais réalisée pour me rappeler ce qui est le plus important. Je l’ai laissée là, au cas où. »

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6 Commentaires

  • Posté par Michail Dunayev, jeudi 14 novembre 2019, 15:25

    Ah bon, parce que l'UE actuelle joue dans la même cour que les USA et la Chine ? Dans l'état actuel des choses l'UE est tout aussi une puissance de seconde zone et ne peut assurer sa sécurité ni influer sur les conflits internationaux. Politiquement et militairement le RU aura tout autant d'influence qu'au sein de l'UE, les pertes sont principalement économiques.

  • Posté par Bibliothèque , jeudi 14 novembre 2019, 13:32

    L'Angleterre en a sous doute eu marre de la dominance hégémonique de la France et de l'Allemagne. Ce n'est plus une Union européenne, c'est un cartel d'états dominants, avec une série de petits états qui leur font la cour (en particulier la Belgique). Il est compréhensible qu'un état comme l'Angleterre ait voulu retrouver sa souveraineté et retisser ses liens avec le monde anglo-saxons qui lui ressemble face à une Europe continentale dictatoriale. Rien à voir avec le retour de "l'empire". Les propos inutilement vexatoires de Monsieur Tusk leur donne une bonne raison de plus de partir.

  • Posté par Remacle José, jeudi 14 novembre 2019, 14:47

    Le R-U n'était entré dans l'Union qu'à regret et seulement pour empêcher celle-ci de se forger une unité politique plutôt qu'un zone économique de Libre échange. Il a poussé à l'élargissement accéléré de l'Union pour diluer les velléités de fédéralisme des fondateurs. Qu'il y ait un noyau conducteur est une bonne chose pour rassembler les chairs molles.

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