Donald Tusk: «Le Brexit signifie la véritable fin de l’Empire britannique»

Donald Tusk
Donald Tusk - Reuters

Deux semaines avant l’entrée en scène de son successeur Charles Michel, le président du Conseil européen Donald Tusk n’a pas mâché ses mots, mercredi soir devant le Collègue européen à Bruges. « Le Brexit signifie la véritable fin de l’Empire britannique », a-t-il déclaré.

Ces dernières années, Donald Tusk a entendu à de nombreuses reprises de la part de la Grande-Bretagne que sa sortie de l’Union européenne lui permettrait de redevenir une puissance mondiale. Mais ce sont des avis différents qu’il a entendus lors de ses voyages en Afrique du Sud, en Inde, au Canada, en Australie et dans d’autres pays. « Après son départ, le Royaume-Uni deviendra un outsider, un acteur de deuxième classe dans un domaine occupé par la Chine, les États-Unis et l’UE », a-t-il estimé.

Selon lui, ce n’est qu’au sein d’une Europe unie que la Grande-Bretagne peut jouer un rôle sur la scène internationale et faire face sans complexes aux superpuissances. « On peut dire la même chose de la France et de l’Allemagne », a-t-il ajouté.

Un mois avant des élections outre-Manche, le Polonais n’a pas abandonné l’espoir d’un revirement. « Dans ce match, nous avons déjà eu du temps supplémentaire, nous sommes maintenant dans les prolongations, peut-être qu’il y aura même des penaltys », a-t-il brossé.

Maintenir l’unité européenne

Donald Tusk a par ailleurs regretté le blocage par la France des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie, ainsi que l’appel du président Emmanuel Macron pour une révision des relations avec la Russie, visée par des sanctions européennes depuis l’annexion de la Crimée et l’ingérence en Ukraine. « Je partage avec M. Macron le rêve d’une Europe véritablement souveraine, mais une Europe souveraine ne sera pas possible sans des Balkans stables et intégrés ni sans une Ukraine indépendante. »

Les négociations sur le Brexit et le maintien des sanctions à l’encontre de la Russie sont les réalisations les plus importantes et s’inscrivent dans son grand objectif : la préservation de l’unité européenne. « Cela peut sembler banal, mais mon mandat consistait à maintenir l’unité. C’était un leitmotiv, un défi, presque une obsession », dit Tusk, qui s’est une fois de plus opposé à une Europe à plusieurs vitesses, ou à une Europe où l’Allemagne et la France l’emporteraient.

L’ex-Premier ministre belge Charles Micghel succédera à Donald Tusk le 1er décembre. Des dossiers complexes l’attendent, comme le budget pluriannuel européen, la politique migratoire, le renforcement de la zone euro et la politique climatique. Des domaines surtout marqués par les divisions et l’indécision ces dernières années.

« Dans mon bureau, j’avais accroché une affiche avec l’inscription : ’It is th unity, stupid’. Je l’avais réalisée pour me rappeler ce qui est le plus important. Je l’ai laissée là, au cas où. »

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. CLIMATE CONFERENCE COP25 MADRID WEDNESDAY

    COP25: les Belges proches d’un accord sur un plan climat insuffisant

  2. Charles Michel, président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

    Le premier sommet européen de Charles Michel s’ouvre sur l’âpre bataille pour le climat

  3. Le modèle confédéral version N-VA soulève plusieuyrs objextions qui doivent impérativement être mises en débat.

    Carte blanche: «Confédéralisme: trois difficultés fatales?»

La chronique
  • Requiem pour M.

    Une femme blonde habillée de noir avec un collier de perles, embrasse le visage d’une jeune femme aux cheveux très courts, façon punk, allongée dans son cercueil. L’image est incroyable. Insoutenable pour certains, troublante pour d’autres. Très belle en fait, et forte, si forte. Cette photo, parue avec bien d’autres dans le New York Times en fin de semaine dernière est celle de Marieke Vervoort, athlète paralympique belge et multimédaillée. C’est Marieke qui est dans ce cercueil de bois, et c’est sa maman Odette qui l’embrasse, alors qu’elle vient juste de mourir. A sa demande. Par euthanasie.

    Cette photo d’une intimité absolue, les parents de Marieke l’ont découverte en même temps que les lecteurs du New York Times sur le site du journal, le jour de la publication d’un très long article qui raconte la mort désirée de l’athlète paraplégique, mais aussi des mois qui ont précédé cette fin de vie vécue comme une libération. Le dimanche, le journal américain a publié le récit complet dans un...

    Lire la suite

  • Le grand fossé de l’impeachment, dans l’Amérique de Trump

    Montez ! Sautez dans le traîneau des esprits de Noël, et laissez-vous mener par-delà les villes et les champs, pour entrer dans les chaumières et prendre le pouls des foyers américains ! Cette radioscopie à la Dickens, dont rêvent tous les sondeurs depuis l’élection surprise de Donald Trump en 2016, ne vous réjouirait guère : jamais depuis la guerre de Sécession (1861-1865), nos cousins n’ont été plus divisés, ne se sont ainsi entre-déchirés, au point de reconsidérer, de plus en plus fréquemment, leur participation au sacro-...

    Lire la suite