«Irresponsable»: les Etats-Unis appellent les pays européens, dont la Belgique, à juger leurs ressortissants

Selon l’administration kurde, 12.000 djihadistes présumés sont détenus par leurs forces de sécurité dans le nord-est syrien.
Selon l’administration kurde, 12.000 djihadistes présumés sont détenus par leurs forces de sécurité dans le nord-est syrien. - AFP

Les Etats-Unis ont jugé jeudi « irresponsable » de la part de certains pays européens, comme la France et la Belgique, de demander à l’Irak de juger leurs ressortissants, membres du groupe djihadiste Etat islamique (EI) détenus en Syrie.

« Il serait irresponsable de la part d’un pays d’attendre de l’Irak qu’il résolve ce problème à sa place », a déclaré le coordinateur de l’action contreterroriste des Etats-Unis, Nathan Sales, lors d’une conférence de presse à la fin d’une réunion de la coalition anti-EI à Washington. Il a de nouveau appelé tous les pays à rapatrier puis juger leurs ressortissants, mais n’a pas caché que la réunion s’était achevée sur un constat de désaccord à ce sujet.

Plusieurs milliers de djihadistes étrangers sont détenus dans les prisons kurdes en Syrie. La précarité de leur sort a été rappelée lors de la récente offensive turque contre les forces kurdes dans la région, qui a fait craindre que les prisonniers ne parviennent à s’évader.

« Tant qu’il est encore temps »

En Syrie, « la situation peut changer en un clin d’œil », a souligné M. Sales. « Nous pensons qu’il devrait y avoir un sentiment d’urgence à les rapatrier maintenant, tant qu’il est encore temps. »

Nombre de pays, dont la France et la Belgique, refusent toutefois de reprendre leurs ressortissants et souhaitent qu’ils soient jugés sur le lieu où ils ont commis leurs crimes, même si la question reste compliquée dans les zones sous contrôle kurde en Syrie, au statut juridique incertain.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est ainsi rendu à Bagdad à la mi-octobre afin de mettre en place une coopération qui permette de juger en Irak des djihadistes français actuellement détenus en Syrie. La création d’un mécanisme judiciaire international spécial a aussi été évoquée.

« Pas une option viable »

Cette idée est toujours défendue par la Belgique, qui souhaite que ces combattants terroristes étrangers soient jugés « au plus près de l’endroit » où ils ont commis leurs crimes, a affirmé le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, à l’agence Belga à l’issue de la réunion.

« Nous pensons que demander à des pays de la région d’importer les combattants étrangers d’un autre pays, et de les juger et écrouer là-bas, ce n’est pas une option viable », a insisté le responsable américain. « Cela ne serait pas efficace », a-t-il ajouté.

De la même manière, « nous ne pensons pas que la mise en place de tribunaux internationaux ad hoc serait efficace, cela coûterait une fortune et n’aurait pas la même capacité à rendre justice que des juridictions nationales », a dit M. Sales.

 
 
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