Anniversaire des «gilets jaunes»: plus de 200 actions prévues en France

Anniversaire des «gilets jaunes»: plus de 200 actions prévues en France
AFP

Les « gilets jaunes », qui peinent à mobiliser depuis des mois, ont battu le rappel des troupes pour le premier anniversaire du mouvement social ce week-end, notamment à Paris où les autorités s’attendent samedi à « plusieurs milliers » de personnes, dont des manifestants radicaux. Il y a longtemps qu’un week-end de « gilets jaunes » n’avait pas connu autant d’appels à mobilisation : plus de 200 actions, du simple tractage à la manifestation en passant par l’occupation d’un rond-point, ont été programmées tout le week-end selon une liste publiée sur Facebook.

Dès vendredi matin, une centaine de « gilets jaunes » ont bloqué une usine chimique classée Seveso à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), près de Saint-Nazaire, avant d’être délogés par la police. Si une grande incertitude demeure sur le succès de ces appels, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur français Laurent Nuñez a reconnu vendredi sur France 2 « un intérêt un peu plus marqué » pour cet anniversaire et évoqué « un dispositif adapté » côté forces de l’ordre.

Les derniers « actes » des « gilets jaunes » n’ont jamais rassemblé au-delà de quelques milliers de personnes, loin des 282.000 manifestants comptabilisés par les autorités le 17 novembre 2018 lors du samedi inaugural de ce mouvement inédit qui a ébranlé le pouvoir. « Il y aura une mobilisation importante mais pas comme celles que nous avons pu enregistrer en décembre ou janvier au niveau national », estime une source sécuritaire.

Selon un sondage Elabe diffusé mercredi, 55 % des Français soutiennent ou ont de la sympathie pour la mobilisation, mais 63 % ne souhaitent pas qu’elle reprenne. A Paris, « plusieurs milliers de personnes » sont attendues, selon la source sécuritaire, qui prévoit également la présence de « 200 à 300 ultra-jaunes et de 100 à 200 militants d’ultragauche ». « On s’attend à un samedi compliqué » car les « gilets jaunes » se mobilisent « à la dernière minute pour tenter de détourner notre attention et être dans la surprise ».

Le mouvement a été marqué par des scènes de violence inédites lors de manifestations et par la dénonciation de « violences policières ».

Une opération escargot sur le boulevard périphérique

Sur les événements Facebook, pas de mot d’ordre ni de revendications précises, mais des références à « la fête » et à « l’anniversaire » du mouvement né il y a un an d’une colère contre une taxe sur le carburant avant de se propager à de multiples autres revendications comme la démission d’Emmanuel Macron ou plus de démocratie directe.

L’événement le plus populaire, baptisé « Acte 53 Gilets Jaunes l’anniversaire sur les Champs-Élysées », réunit plus de 5.000 participants et plus de 6.700 personnes intéressées. La célèbre avenue sera cependant interdite, comme chaque samedi depuis les violences et saccages survenus le 16 mars. Le collectif des « gilets jaunes citoyens », à l’initiative de ce rassemblement, a essuyé un refus de la préfecture de police mais « maintient l’appel », tout en conseillant aux manifestants de « retirer » leurs gilets.

Opposé aux manifestations déclarées, Eric Drouet, l’un des leaders du mouvement, a appelé dans une vidéo en ligne sur sa page Facebook à une « opération escargot » sur le boulevard périphérique à partir de 10 heures puis sur les Champs-Elysées à partir de 14 heures. Le chauffeur routier, qui refuse de se présenter comme un organisateur, a également évoqué l’idée d’un rassemblement à pied « hors de la zone interdite », dans un lieu encore non déterminé, puis de rejoindre l’avenue « sans signes distinctifs, ni gilets jaunes ».

Autre figure médiatique, Priscillia Ludosky, accompagnée du militant associatif Faouzi Lellouche et de l’avocat David Libeskind, sera à la tête d’une manifestation déclarée qui partira à 14 heures de la place d’Italie à Paris pour rejoindre la place Franz Liszt, près de la Gare du Nord (10e arrondissement).

Ailleurs, des rassemblements sont programmés dans plusieurs grandes villes dont Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Toulouse. Des appels à réinvestir les ronds-points, avec ou sans blocages, ont également été lancés à Besançon, Calais, Colmar, Dole, Dunkerque ou Montpellier. Enfin, des barrages au péage de Virsac (Gironde) sur l’A10, saccagé fin novembre 2018, et au niveau de sorties d’autoroutes sur l’A7 dans le Vaucluse ou sur l’A47 dans la Loire ont aussi été annoncés.

 
 
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