Voici les cinq finalistes du Prix Rossel

Odile d’Oultremont, Philippe Marczewski, Vinciane Moeschler, Emmanuelle Pirotte et Isabelle Wéry.
Odile d’Oultremont, Philippe Marczewski, Vinciane Moeschler, Emmanuelle Pirotte et Isabelle Wéry. - Barbara Iweins, D.R., Astrid di Crollalanza, Philippe Matsas/Opale et Laetitia Bica.

Depuis 1938, le Prix Rossel, créé par Le Soir, récompense le meilleur roman ou recueil de nouvelles de l’année. Il sera remis pour la 76e  fois le mardi 3 décembre à la Bibliothèque royale de Belgique, à Bruxelles. Jeudi soir, les neuf membres du jury ont procédé à leur sélection en choisissant les cinq finalistes. Passons leurs livres en revue.

Baïkonour, d’Odile d’Oultremont, chez L’Observatoire. Les amours passionnées entre un grutier et une fille qui veut être marin-pêcheur. La verticalité de la grue, l’horizontalité de la mer. Drame, amour, tendresse. Et humour dans le regard sur les choses et les gens.

Blues pour trois tombes et un fantôme, de Philippe Marczewski, chez Inculte. C’est la géographie intime de Liège et de ses habitants. Le charbon et l’industrie, les escaliers et les terrils, la Meuse et la bière, le jazz aussi. Une géographie vraie et imaginaire, où Sheffield, Essen ou Gênes se superposent à Liège, et fictionnalisée dans une écriture superbe.

Trois incendies, de Vinciane Moeschler, chez Stock. Trois femmes : Léa, la grand-mère, Alexandra, la fille, Maryam, la petite-fille. Trois femmes dans la guerre, dans des guerres différentes mais qui enflamment de même les existences. Trois destins suivis pas à pas dans une narration à trois voix et à trois pronoms : je, tu, elle. De 40-45 à aujourd’hui via le Liban et le massacre de Chatila, des mots qui sautent au cœur et nouent la gorge.

D’innombrables soleils, d’Emmanuelle Pirotte, au Cherche Midi. Fin du XVIe  siècle. Christopher Marlowe, le dramaturge, quitte Londres, poursuivi par des assassins, pour se réfugier dans le manoir de son ami Walter. Où il rencontre l’épouse de celui-ci, Jane. Coup de foudre. Passion dévorante. Plus rien ne compte que leurs deux corps et leurs deux esprits, que le sexe, leurs pièces et leurs poèmes. Que l’urgence de vivre. Un brillant sens du romanesque et une écriture brûlante.

Poney flottant, d’Isabelle Wéry, chez Onlit. Une enfant qui passe à l’âge adulte. Difficilement. Avec une découverte frénétique et joyeuse du sexe, ses attachements et ses haines. Une bombe poétique qui explose la langue, un livre différent dans la production habituelle, qui révèle un autre monde, qui nous réveille de notre quotidien, nous extirpe de notre zone de confort civilisée et aseptisée.

Le Soir a pu contacter chacun de ces nominés. Leurs réactions sont évidemment joyeuses. « Génial », s’exclame Odile d’Oultremont, « je suis super heureuse. » Et Philippe Marczewski, dont c’est le premier livre : « Chaque fois, la sélection du Prix Rossel est super intéressante et je suis honoré d’en faire partie. » « Je suis touchée, c’est un vrai cadeau », réagit Vinciane Moeschler, une Française qui vit à Bruxelles. « C’est gai, ça fait vraiment plaisir. Pour moi et pour mon éditeur, Onlit », ajoute Isabelle Wéry.

Les jurés ont maintenant 18 jours pour peaufiner leurs jugements. Qui sera le Rossel 2019 ? Réponse peu après midi, le mardi 3 décembre. Sur ce site.

 
 
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