Les Diables rouges vus de Russie: «On admire des joueurs comme Hazard, De Bruyne»

Les Diables rouges vus de Russie: «On admire des joueurs comme Hazard, De Bruyne»

Journaliste sportif à la télévision de Saint-Pétersbourg лен24, Egor Gelver évoque pour nous le choc Russie-Belgique, décisif dans la lutte pour la première place du groupe I.

« Même si la Russie est actuellement dans une bonne période, elle a malgré tout peu de chance de pouvoir battre la Belgique », avoue-t-il d’entrée. « Chaque individualité belge est plus efficace que chaque joueur russe à tous les postes. Cela dit, la Russie a enchaîné plusieurs résultats positifs à la maison. Le combat sera rude et intéressant ».

Le 28 mars 2017, les Diables avaient partagé l’enjeu à Sotchi en amical face à des Russes qui, menés 1-3, étaient parvenus à revenir à 3-3. Des buts, Egor Gelver en attend à nouveau beaucoup ce samedi. « D’après moi, si la Belgique choisit d’évoluer avec sa meilleure équipe (avec Lukaku, les frères Hazard, Mertens, Carrasco…), on pourrait à nouveau en prendre trois ! ».

Et d’ajouter ensuite : « Si toutes les stars belges sont à leur niveau, ils sont tous à craindre pour la Russie, Kevin De Bruyne, Eden et Thorgan Hazard plus particulièrement. D’après moi, la Belgique n’a pas de lacune sur le plan individuel. Personnellement, j’apprécie énormément le style de jeu des frères Hazard mais j’ai un faible pour Kevin De Bruyne qui est à classer dans la même catégorie que Xavi ou Iniesta dans sa manière de penser, de réfléchir et d’agir sur le terrain ».

La Belgique, une « bête noire » pour les Russes

D’atouts, la Russie, éliminée en quarts de finale de la dernière Coupe du Monde disputée chez elle, n’en manque cependant pas non plus. « Il y a notamment Guilherme, le gardien, Mario Fernandez qui gênera fortement le flanc gauche Belge. Yuri Zhirkov est aussi un joueur en forme malgré ses 36 ans. Enfin, Dzyuba est un réel danger dans le jeu aérien », souligne le journaliste russe.

Dans les grandes compétitions, la Belgique est une vraie « bête noire » pour la Russie. Rappelez-vous le mondial mexicain en 1986 (c’était à l’époque l’URSS, les Belges s’étaient imposés 4-3), le mondial 2002 au Japon (victoire 3-2) ou encore la Coupe du Monde au Brésil en 2014 (succès des Diables 1-0).

« Je ne dirais pas que le football belge frustre à ce point les supporters russes mais le match en 1986 reste évidemment en mémoire principalement des plus vieux fans. À cette époque-là, la Russie possédait une des meilleures équipes de son histoire et elle a perdu de façon très amère en huitièmes de finale de la coupe du monde face à la Belgique. Cependant, de façon générale, les fans actuels se rappellent davantage du revers à Rio (1-0, but de Divock Origi, NDLR). La Belgique était favorite et l’issue du match n’était finalement pas surprenante. La Belgique n’est pas cataloguée comme un adversaire mais plutôt comme un exemple de classe sur le plan footballistique. Il existe en Russie de nombreux admirateurs d’Eden Hazard, de Kevin De Bruyne ou de Romelu Lukaku… Presque plus que d’admirateurs de joueurs russes ! ».

Un joueur belge, un signe de qualité

Si les Diables rouges sont connus et reconnus, les clubs belges le sont nettement moins. « Objectivement, le championnat belge est faible. Cela dit, ces 10-15 dernières années, il y a un essor de joueurs de classe mondiale venant de votre pays. Aujourd’hui, pour la Russie, un joueur issu de Belgique est un signe de grande qualité. Nicolas Lombaerts et Axel Witsel, sont par exemple aujourd’hui encore, considérés comme des joueurs qui ont marqué notre championnat. Nicolas Lombaerts est presque considéré comme une légende au Zénit », révèle Egor Gelver.

Une des pires équipes de l’histoire du football russe !

La Russie connaît des difficultés ces dernières années à sortir des joueurs capables d’évoluer dans les plus grands clubs européens. Cela s’explique.

« L’éducation se veut axée sur le physique et non sur la technique. Il y a plus de joueurs grands et puissants que de joueurs techniques et rapides. Et puis, les Russes vont très rarement sortir de leur zone de confort pour aller dans des championnats aux niveaux plus élevés, Golovin est parti jouer à Monaco et c’est un des rares contre-exemples. En Russie, les bons joueurs sont bien payés et peu de chose les pousse à accepter de quitter le pays. Cette situation est à déplorer et selon moi, nous possédons actuellement une des pires équipes de l’histoire du football russe. »

 
 
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